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Sortie de la biographie de sœur Myriam

 

Fille de Jérusalem, ma passion pour l’unité

 

                                                            De l’insécurité au refuge

9782204116442 58f0a45ad7f46Dans son enfance, sœur Myriam Selz a dû se cacher, cacher ses origines juives, cacher son nom et devenir Marie Sellier durant sa scolarité. Après la guerre, elle ne pouvait s’empêcher d’être prise de tremblements lorsqu’elle entendait parler allemand.

Elle a connu de longues années d’instabilité et d’insécurité. Première division à cinq ans, avec la séparation de ses parents, départ de Paris pour Biarritz lors de l’Occupation chez des amis chrétiens de la famille, retour à Paris Paris où elle habitera avec sa mère et ses frères chez ses grands parents maternels. Myriam est refusée comme élève, à l’Institut des Sœurs de l’Assomption – Lübeck – parce que non baptisée, ses parents décident alors de confier leurs trois enfants à des religieuses pour les préparer au baptême, espérant ainsi qu’ils seront protégés des nazis. Myriam considère cet événement comme un des plus importants dans sa vie. Il faut alors, en juillet 1941, se séparer de la famille, se cacher : ce sera Megève, Cannes, Monte-Carlo et Chavagnes-en-Paillers (Vendée) sous un faux nom : Myriam devient Marie Sellier. Elle ne peut pas parler de son histoire, de ses racines, ce serait la mettre en danger. Son grand-père a été déporté et est mort à Auschwitz.

Après la Libération, elle revient à Paris. Elle a quatorze ans et entre en 4e chez les sœurs de l’Assomption, à Lübeck. Quelque chose commence à cheminer en son for intérieur, pour se confirmer un Noël 1947, lors de la messe de minuit. Il était là le refuge, elle était là l’unité : l’amour du Christ. Elle avait reçu l’appel. « J’ai compris qu’il m’avait sauvée, que j’étais libre de dire non mais que, par amour, je devais dire oui. J’ai décidé ce jour-là que je serai religieuse : ce fut l’acte le plus libre de ma vie»,  se souvient-elle.

Ses parents, juifs non pratiquants, n’avaient pas compris. Ses frères ne l’imaginaient pas tenir au couvent plus de quelques mois sans son café et sa cigarette quotidiens. Et pourtant ! La voilà, à bientôt 86 ans, riche de souvenirs et de rencontres qu’elle partage dans sa biographie.

La parole au service de l’unité

Ses premières années l’avaient confinée dans le silence, son parcours l’a poussée à parler, unir, montrer la foi par sa vision du catéchisme, unir juifs et chrétiens trop longtemps séparés par leur culture. Tout entière portée par un élan unificateur, son amour du Christ qui voit tous les êtres comme une immense famille qui s’est oubliée.

Lors de ses années en France, au Danemark, en Inde et à Jérusalem, sœur Myriam n’aura de cesse de créer des ponts entre les êtres pour que la parole soit, pour que l'âme s'affirme dans ce monde divisé pour retrouver l'unité par un meilleur vivre-ensemble. Par l’éducation, le catéchisme.

A Pune, en Inde, il lui semblait primordial d’assurer de bonnes bases pour travailler au développement global des femmes dans l’esprit de la fondatrice de la Congrégation, sainte Marie Eugénie. S’adapter à la culture indienne, respecter l’esprit et les traditions, laisser la liberté d’être pour cadrer avec fluidité et efficacité, pour que ces femmes soient fortes et transmettent cette force éclairée aux communautés qu’elles animeront. Gandhi disait : « Eduquer une femme, c’est éduquer la société ».

A Jérusalem puis de retour en France,  elle s’investit dans le dialogue interreligieux, à l’instar du cardinal Lustiger dont elle s’est inspirée.  Comme lui « juive de naissance, chrétienne par choix »,  elle choisit d’assurer le dialogue entre juifs et chrétiens, de réconcilier les visions antagonistes par l’éducation, qui dissipe les zones d’ombre et préjugés qui séparent les hommes. L’Ancien et le Nouveau Testaments sont liés, au service d’un même Dieu d’amour. Les chrétiens ne doivent pas oublier leurs « grands frères » en religion, leurs racines juives.

Comment avancer sur des bases solides lorsqu’on ne reconnaît pas ses racines ? Sœur Myriam, par la force des épreuves et des divisions qui ont caractérisé ses premières années, incarne cet élan réparateur qui s’accroche à l’essentiel. Elle ne pouvait qu’adhérer à la vision de sainte Marie Eugénie, « c’est une folie de ne pas être ce qu’on est avec le plus de plénitude possible ». Ainsi, accepter tout ce qui nous constitue et l’assumer au grand jour, comme elle a poussé les chrétiens à sortir de l’ombre par ses activités catéchétiques auprès des enfants. Ne pas se soumettre à la division, mais l’interroger, pour se plonger tout entier dans l’amour du Christ et le servir véritablement.

« C’est le propre de l’esprit de l’Assomption de laisser à chaque âme sa forme particulière, mais ce sont toujours les mêmes vertus naturelles qui doivent être le fondement de cette forme qui est propre à chacune… »

Une biographie sous forme d'entretien avec Mgr Jacques Perrier : voici le lien pour commander le livre 

Ici, le lien vers l'article paru dans "La Croix"

Et un autre paru sur le site de la Province de France

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