les jubilairesLe 22 juin dernier, à Orléans, trois jubilés ont été célébrés. Soeur Annick et soeur Geneviève fêtaient leurs cinquante ans de vie religieuse, soeur Monique ses soixante. Découvrez leurs témoignages.

Témoignage de sœur Annick

"C'est pour moi une Joie de pouvoir être avec vous aujourd'hui pour rendre grâce à ce Jubilé, dans ce lieu et dans cette chapelle qui porte des souvenirs très chers à mon cœur.

Mon père fut fait prisonnier en 1941, dans cette maison de Saint-Aignan transformée par les Allemands en hôpital militaire. Il a vécu au milieu des sœurs de Saint-Aignan le temps de sa captivité, il a assisté à une profession religieuse dans cette chapelle avant ma naissance.

soeur ANNICKJe suis née suite à sa libération. Je suis entrée à l'Assomption à Paris l'année de la fusion, mon noviciat est venu à Orléans et dans cette chapelle j'ai fais ma profession religieuse le 19 avril 1969 en présence de mes parents, mes frères et sœurs.

Mon père, revenait pour la première fois depuis sa libération dans ce lieu et dans cette chapelle, pour vivre avec moi mon don au Seigneur, 27 années après sa libération, ce fut un moment de grande émotion.

Mes parents « du ciel » sont bien présents avec nous en ce jour, je veux rendre grâce pour eux, qui m'ont donné la vie et m'ont transmis leur Foi profonde, ils m'ont accompagnée de leur affection et de leur prière tout au long de leur existence, dans ma vie missionnaire et ma vie religieuse, pour l'esprit de famille qu'ils ont su nous donner.

renouvellement voeuxJe veux rendre grâce à ma grande famille qui ne peut pas être là aujourd'hui, mais ils sont en communion avec moi.

Je rends grâce de pouvoir fêter ce Jubilé des 50 ans avec l'établissement scolaire qui me donne l'occasion de me retrouver dans cette chapelle.

Sainte Marie-Eugénie disait : « C'est Dieu qui conduit tout et jamais main plus amoureuse ni plus sage ne saurait conduire nos destinées. »

J'en ai eu la preuve, toute ma vie, Dieu ma conduite et je n'ai jamais douté que c'était mon chemin et le chemin du Seigneur, j'ai connu et je connais encore aujourd'hui cette Joie profonde d'une remise de ma vie entre ses mains dans un abandon total.

Je veux rendre grâce à ma Congrégation, l'Assomption, qui m'a donné et me donne encore aujourd'hui, cette grâce de mettre au service de mes frères et sœurs les dons que le Seigneur m'a donnés dans les différents engagements de ma vie religieuse, en Afrique, auprès des petits et des pauvres, des personnes en difficultés, Tibériade, les prisonniers, les personnes âgées, et tous ceux que j'ai rencontrés sur mon chemin, j'ai tellement reçu de ces personnes, elles m'ont fortifiée dans ma Foi et fait connaître la Joie du Don, en voyant l'œuvre de Dieu manifestée parmi nous. Merci de partager avec moi mon action de grâce."

Témoignage de sœur Geneviève

procession arbre"Née à Orléans, baptisée à la cathédrale, notre paroisse, une opportunité nous a fait déménager à Meung-sur-Loire ; là, j’ai eu la chance d’être scolarisée à l’École normale libre du diocèse, voulue par Mgr Courcoux, pour former des institutrices pour les petites écoles rurales. Pour cela, l’évêque avait fait appel à la communauté Saint-François-Xavier, fondée par Madame Danièlou. J’y ai passé 12 ans dans un climat évangélique de simplicité, d’ouverture, de confiance, et de liberté. Elles nous aimaient.

Un souvenir : au début des années 50, notre professeure d’histoire-géo était heureuse de nous parler de la naissance de l’Europe, de R. Schuman, de la CECA (communauté européenne du charbon et de l’acier) où les matériaux qui avaient servi à s’entretuer pendant 3 guerres en 70 ans allaient être produits et mis en commun. Après la guerre, la marche vers la paix ! Et aujourd’hui, l’importance de l’école pour éclairer les esprits, en ces temps où l’Europe est remise en cause.

soeur GENEVIEVEJ’ai connu les sœurs Gardiennes Adoratrices quand j’ai cherché un poste d’enseignement après mes études. Chaque année, nos professeurs de Meung animaient des sessions pédagogiques de 3 semaines pendant les vacances d’été, pour aider les jeunes institutrices à préparer leur année scolaire, thèmes, objectifs, moyens, dans l’esprit de Madame Montessori. Après avoir suivi une session, j’ai pu proposer à la classe de CP la lecture avec les dictées muettes de Madame Lubienska, les enfants se déplaçant dans la classe pour aller chercher une lettre, chuchotant, épelant tout bas le son, la syllabe et appelant quand la dictée était terminée ou pour une question, une aide, besoin d’être aiguillé. Quand l’école de Meung s’est transportée à Blois pour les deux diocèses, la responsable du centre pédagogique venait régulièrement à Orléans pour animer des journées de formation et cela avait lieu à Saint-Aignan.

Après quelques années d’enseignement, accompagnée par une sœur, je me suis posé la question : « Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? » Peu à peu, l’Esprit saint m’a fait comprendre qu’Il m’invitait à lui consacrer toute ma vie dans la vie religieuse. Mais où ? Comment ? Finalement, j’ai discerné qu’Il m’appelait à Saint-Aignan. J’y étais heureuse. Mes parents ont accepté ma vocation, dans la souffrance, ils avaient une grande Foi tous les deux.

bénédiction finaleLes années 60 ont été marquées dans l’Église, par le concile œcuménique qui a réuni à Rome trois mille évêques du monde entier pour des sessions de plusieurs mois ; ce fut un temps fort de renouveau et en particulier pour la vie religieuse ; il a été demandé à chacune de participer aux nouvelles orientations qui s’imposaient dans les congrégations, devant l’évolution du monde et de l’Église. Ainsi, soeur Marie Christilla, notre supérieure générale des Gardiennes Adoratrices, a voulu vivre à fond ce que l’Église proposait pour la réadaptation de la vie religieuse et, vu notre petit nombre, elle nous a demandé si nous voulions nous rapprocher d’une autre congrégation, une fédération, ou fusionner, ou bien entrer dans une autre congrégation, et ce que nous voulions continuer à vivre quant à l’essentiel de notre vie religieuse. Pour préparer la fusion, soeur Marie Christilla, nous a envoyé un questionnaire, auquel nous devions répondre. Puis elle nous a envoyé régulièrement la synthèse des réponses à chaque question. C’est à la Pentecôte 1967 que nous avons appris la décision du conseil pour et avec l’Assomption ! Grâce à la fusion, des sœurs ont été heureuses de réaliser une vocation missionnaire (Amérique latine, Afrique de l’Ouest). Toutes, nous avons apprécié et continuons, la spiritualité Eucharistique, les sessions à Auteuil et les rencontres avec les sœurs de partout, la vie liturgique, la vie communautaire nourrissante, joyeuse, la vie apostolique avec les jeunes, les laïcs, la simplicité de vie, la confiance des responsables envers nous. En France, la fusion a permis à nos deux congrégations un renouvellement de notre vie religieuse apostolique, dans une mutuelle réciprocité. L’école et le collège d’Orléans en ont beaucoup profité.

Nous avons vécu cela en « temps conciliaire », ce fut une grande grâce de renouveau, d’approfondissement."

 

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