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Un Chemin

Par Carolina Rodríguez, novice de la province d'Amérique centrale -Cuba.

sa communautéJe vais vous raconter mon séjour en France, comment j’ai commencé l’aventure de mon stage de noviciat, que j'appellerai « un chemin », un temps de grâce, de rencontre avec Dieu et avec moi-même. Un temps également pour apprendre une nouvelle langue et aussi une nouvelle manière de vivre, plus pleine, simple et heureuse.

Au début, c’est avec surprise et joie que j’ai reçu la nouvelle de mon envoi, cela me donnerait l’occasion de découvrir davantage l’Assomption, Marie-Eugénie et Thérèse-Emmanuel, près de la source.

Après toute l’émotion, vinrent des moments où la réalité m’attendait, c’était la première fois que j’étais complètement immergée dans un monde sans pouvoir m’exprimer ; je suis arrivée sans connaître rien de rien du français et c’est au cœur de ce sentiment de fragilité que la grâce s’est faite plus forte. Le mystère auquel je me sens appelée a commencé à poser ses fondements dans ma propre chair : Dieu avec nous, avec moi, allait se convertir en une parole de foi qui me soutiendrait et ferait son travail pour m’aider à renaître.

IMG 20190216 223559 064Je pense que je n’ai jamais ressenti ce genre de peur, une peur profonde qu’il est difficile d’expliquer, qui me rendait vulnérable, je n'avais plus la parole, je ne savais pas comment m'exprimer, je ne pouvais pas dire qui j'étais et, apparemment, tout ce que je connaissais était comme désactivé, je ne pouvais rien faire si je ne connaissais pas la langue. Je sentais qu’il m’était donné de vivre la parole reçue par Marie-Eugénie, sûrement lors de moments de grands détachements : "Il faut que je te suffise".

Peu à peu les paroles commencèrent petit à petit à arriver, ces essais de prononciation m’apprirent à simplifier mes pensées. Je crois que le plus difficile fut de sentir mon intelligence limitée par les paroles pouvant sortir de ma bouche. Ce fut dur, mais ce fut aussi un cadeau pour comprendre que je n’étais pas réduite à ce que je disais ou à ce que je faisais ; j’appris à Savoir Être, tel un aveugle ou un muet, d’autres sens se développèrent, ma bouche étant démunie de paroles, ce furent le cœur et l’âme qui se transformèrent en un premier sens. Je commençais alors à découvrir un nouveau mondeIMG 20190329 WA0010, en me sentant invisible, je découvrais d’autres personnes invisibles comme moi, quelquefois des enfants, des étrangers, des personnes simples que la société a cessé de regarder, auxquelles suffisent des gestes, des sourires, des regards d’attention et d’hospitalité.

En France, j’ai appris à ne pas faire mais plutôt à savoir être, et quand on Est, on fait déjà beaucoup, le monde grandit par le cœur, l’amour devient plus fort et simple, j’ai compris alors que nous sommes toujours en train de donner et de recevoir quelque chose, même dans le silence. Je me sens invitée à aller vers la vie, car c’est là que Dieu nous attend.

Je remercie ma communauté de Bordeaux de marcher avec moi, pour marcher ensemble.

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