Aller à la rencontre de l'autre, de soi et de la vérité du partage

Etre AMA, Associé à la Mission de l'Assomption, c'est partir quelques mois à la rencontre de l'autre, dans une culture différente, mais aussi à la rencontre de soi-même, de la nature véritable de l'échange entre les êtres. Partir de la sorte vous confronte à des vérités auxquelles notre éducation ne nous prépare pas, il ne s'agit plus de faire, mais d'être; de donner, mais de recevoir. Parce que lorsque vous êtes présent à l'autre, et à vous-même, vous donnez plus que ce que vous ne pouviez l'imaginer. La suprise du partage vous cueille au détour du chemin, car rien n'est tel que vous l'envisagiez. Il est alors question de lâcher prise sur ses idées, et de se laisser guider par la vie, le présent, la main de l'autre qui vous entraîne à danser et vous touche par sa manière de vous accueillir.

 

Nous avons été éduqués dans une certaine forme de don où l'on préconise, plus ou moins ouvertement, de s'oublier en allant vers l'autre. De se couper de soi. Aussi, nos idées prennent souvent le dessus dans nos intentions, notre spontanéité peut s'éteindre devant la peur de mal faire. La vérité du partage finit heureusement par questionner l'amour conditionnel qui est une réalité de nos cultures européennes. 

Partir en tant qu'AMA, c'est affronter cet aspect profondément ancré dans nos esprits. C'est se laisser dérouter par la vérité du terrain qui n'est pas celle à laquelle nous nous étions préparés, notre manière de penser ne pouvait dessiner ce que vit une culture sur d'autres fondements que les nôtres, et avec d'autres moyens matériels. Ce déséquilibre généré par la surprise favorise l'ouverture au changement en soi. Beaucoup d'AMA ont cherché à faire comme en Europe, à être efficace pour être à la hauteur de la tâche qu'ils s'étaient assignée, et surtout se rendre utile. 

Au fond de nous, par notre éducation à l'amour conditionnel basée sur les récompenses et les punitions, nous avons fini par comprendre malgré nous que vivre se résume à négocier le droit d'être là avec l'autre, en lui donnant ce dont il a besoin, pour trouver une paix intérieure. Nous ne souhaitons pas penser de la sorte, mais plusieurs générations d'éducation ont solidement fixé cette blessure au plus profond de nous-mêmes. Ainsi nous confondons trop souvent solidarité avec bienfaisance, car nous ne nous abandonnons pas à la vie. Nous nous tenons en retrait, surtout nos coeurs qui craignent fortement de nouvelles blessures.

Ces jeunes partis accomplir une tâche pour les autres ont été touchés par la grâce du partage véritable. Là où ils se sentaient impuissants face à une langue étrangère, une organisation des choses qui les dépassaient, le sentiment de fraternité a su bouleverser leur vision du don. Lorsque des enfants sont venus les remercier pour l'attention et l'amour qu'ils ont reçus d'eux, lorsque les circonstances les ont poussés à lâcher prise et être là, prendre du temps pour eux, se laisser emporter par les imprévus. Embrasser le présent, c'est aller à la rencontre de l'autre, c'est se laisser une place pour soi pour laisser rayonner l'évidence de faire partie de la même famille de coeur. Si l'on tait ce soleil en soi, comment véritablement partager ?

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