Voeux perpétuels de soeur Amélie

 

 

 Sœur Amélie d’Aboville vient de prononcer ses vœux perpétuels ce 26 mai 2018. Voici un portrait d'elle réalisé par sœur Blandine Fougerat

D'où viens-tu Amélie, comment as-tu rencontré le Christ t'appelant à la vie religieuse et l'Assomption ?

Voilà un peu plus de 8 ans que je suis entrée chez les Religieuses de l’Assomption. J’avais alors 24 ans. Aujourd’hui, j’en ai 32.

J’ai toujours un peu de mal à dire d’où je viens car j’ai beaucoup déménagé, à cause du métier de mon père. Je suis née à Poitiers, puis j’ai déménagé en Normandie, dans plusieurs endroits et mes parents habitent depuis une dizaine d’années dans les Hauts-de-Seine.

Comment ai-je rencontré le Christ et l’Assomption à travers ma vie familiale ?

J’aime bien dire que ma vie, c’est l’histoire d’une voix.

C’est d’abord un chuchotement. Un Dieu qui est venu chuchoter à mon oreille son existence et sa suprématie, à travers l’éducation que j’ai reçue de mes parents et mes premiers contacts avec les Religieuses de l’Assomption lorsque j’avais une dizaine d’années, à Saint Gervais, dans les Alpes.

Un chuchotement qui s’est transformé en petite voix essentiellement à travers mon investissement dans le scoutisme, comme louvette, comme guide puis comme cheftaine. J’y ai découvert le sens de l’engagement en vérité devant Dieu et devant les autres ainsi que le goût pour l’éducation des plus jeunes.

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Cette petite voix s’est fait entendre de plus en plus dans mes années étudiantes grâce à mes amis et à des pèlerinages étudiants forts comme les JMJ de Rome.

A un moment donné, j’ai senti que cette voix non seulement se faisait entendre de manière plus insistante mais qu’elle devenait appelante et qu’elle attendait une réponse de ma part. Elle me disait : « Amélie, je vais avoir besoin de toi pour mon Royaume. Est-ce que tu accepterais de tout quitter pour me suivre ? »

J’ai dit non d’abord. Moi ? Religieuse ? Ne pas avoir d’enfants ? Porter une jupe toute ma vie ? Ne plus voir ma famille ? Quelle idée ! Mais, plus je refusais et plus je m’enfonçais dans une vie sans but ni sens.

J’ai fini par comprendre qu’il fallait peut-être que je réponde « oui » à cette voix que ne cessait pas de m’interpeller et de me promettre une vie en plénitude …

Pour pouvoir dire un vrai « oui », j’ai décidé de partir un an à l’étranger, avec les Religieuses de l’Assomption, pour une mission de volontariat. Je suis partie en Lituanie. Histoire de me retrouver seule pour vraiment discerner cet appel à la vie religieuse. J’ai pu faire cette expérience de la solitude au cœur de laquelle Dieu parle. Et j’ai dit « oui » !

Le 26 mai 2018, j'ai prononcé mes vœux perpétuels. C’est le fruit de ce chemin que Dieu a commencé en moi il y a quelques années. Aujourd’hui, je peux dire que je suis en train de devenir ce que j’ai toujours désiré être au plus profond de moi. L’Assomption est ce lieu qui me permet de faire jaillir ce qu’il y a de plus beau en moi, pour Dieu et pour les autres.

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Un jour tu m'as partagé ta passion d'enseigner et d'éduquer : peux-tu nous en dire plus aujourd'hui ?

J’enseigne le français depuis 3 ans dans un établissement de l’Assomption en Seine-Saint-Denis, à Bondy. J’aime ce métier. Être professeur de Lettres en Seine-Saint-Denis, c’est une vraie vocation. Ce département, si attachant mais tellement marqué par une pauvreté sociale et intellectuelle, a besoin de professeurs de français enthousiastes ! Tout mon enjeu éducatif est de montrer aux jeunes comment les mots ont plus de pouvoir que la violence et l’agressivité. Le pouvoir du Verbe contre la barbarie. J’essaye d’initier mes élèves à un univers, celui de la littérature, qui leur semble souvent inaccessible, parce qu’ils viennent d’un milieu défavorisé. Le défi est grand mais il est passionnant !

Quels sont tes sentiments à l'annonce de ton prochain départ pour l'Université de San Salvador pour des études de théologie ?

Je suis envoyée deux ans par ma Province, en Amérique centrale, au Salvador, pour faire des études de théologie, à la rentrée prochaine. Ce n’est pas banal ! Faire des études de théologie, au Salvador, en espagnol, alors que je ne parle pas un mot d’espagnol ! C’est quand même un peu fou … Pourtant, j’ai la certitude profonde que Dieu m’attend là-bas. Certes, je suis envoyée pour des études de théologie, mais pour moi, l’expérience ne s’arrête pas là uniquement. Ce sera surtout l’expérience de quitter la Province de France que j’aime tant pour découvrir une autre Province de l’Assomption dans un contexte totalement autre. Je ferai également l’apprentissage d’une nouvelle langue, c’est toujours utile pour la Congrégation internationale. Je me réjouis de cette future expérience, même si, je l’avoue, ça va être difficile de quitter ma communauté, ma famille et un métier qui me passionne …


sr BlandineA une soeur qui vient de fêter ses 60 ans de vie religieuse, que voudrais-tu dire ?

A toi, ma soeur plus avancée sur le chemin de la vie, je voudrais dire merci.

Merci, parce que c'est grâce à toi que je marche à l'Assomption aujourd'hui. C'est vous, mes soeurs aînées, qui avez, par le don de votre vie, construit l'Assomption d'hier pour que je puisse continuer de l'achever aujourd'hui et pour les générations de soeurs futures.

Merci, parce que me montre qu'une vie à la suite du Christ peut être une vie de plénitude et de joie, malgré la maladie et les événements de la vie.

Merci, parce que ton expérience de Dieu et ta sagesse m'aident à avancer sur le chemin de la foi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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