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Jubilé des 25 ans de vie religieuse de soeur Anne, 1er juin 2019

Anne"Voici un petit mot de la fête de mon jubilé à Lourdes, le 1er juin. Fêter un jubilé, c’est l’occasion de faire mémoire d’un chemin parcouru et d’un engagement pris et renouvelé.

La relecture de ce chemin m’a donné l’occasion de prendre conscience de ceux qui m’ont aidée sur ce chemin et de rendre grâce au Seigneur pour tous.

À commencer par ma famille : sans elle, je ne serais pas là. C’est là que j’ai grandi. Elle m’a façonnée, accompagnée avant d’entrer, et même après, lors des séjours faits chez mes parents. J’ai eu la chance de pouvoir y aller quelques fois avec  ma communauté. Ce fut une grande joie de pouvoir vivre ces moments-là. Lors de ces temps passés ensemble, les échanges nous ont fait avancer mutuellement. Chacun témoigne de ce qu’il vit au quotidien, dans les couples, les familles, avec les enfants et ainsi nous nous soutenons mutuellement. Le témoignage des uns fortifie celui des autres.  Merci.

P6010203La communauté et mes supérieures ont été aussi importantes tout au long de ces 25 années à travers les joies et les frottements communautaires. Tout cela m’a façonnée et je rends grâce pour l’entraide fraternelle au quotidien dans le partage, les encouragements pour donner le meilleur de soi-même. La vie communautaire n’est pas un long fleuve tranquille, mais sans elle, la vie serait triste.

Faisant cette relecture, je me suis rendu compte de l’importance des liens fraternels tissés avec tous ceux qui ont croisé mon chemin à travers les différentes missions reçues : étudiants et aumôniers, paroissiens, personnes de l’Arche de Jean Vanier, religieux et religieuses de la famille Assomption, professionnels bénévoles de l’équipe d’économat, religieuses économes partageant la même mission de congrégation, collègues de travail, hôtes du Centre Assomption… Là aussi, que de partages enrichissants, fortifiants et constructifs pour avancer dans l’annonce du Royaume en nous et autour de nous.

IMG 6396Et puis, je crois que le plus grand point d’appui fut la vie de prière, la vie avec le Seigneur relue dans l’accompagnement. Chaque jour, sa Parole stimule encourage, oriente, ordonne, éclaire. En parler avec une sœur ou un frère aîné dans la foi est aussi un soutien qui aide, confirme. Oui, le Seigneur est doux et humble de cœur (cf Mt 11,). « Il est le Chemin, la vérité et la vie. »(cf Jn 14,)

Pendant la célébration, j’ai renouvelé mes vœux. Moment fort. Les mots n’avaient pas le même poids qu’au jour de mes premiers vœux. Ce jour-là, c’était tout l’enthousiasme de la jeunesse qui s’exprimait. Aujourd’hui, je mesure le poids et la beauté de cetengagement.

Et maintenant, la vie continue avec joie et enthousiasme pour l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui en quête de sens. Que le Seigneur nous aide à être contagieux de son Amour. Sur la porte de mon bureau à Lourdes, j’ai trouvé cette parole d’Etty Hillesum « Mon faire consiste à être. » Je la trouve de plus en plus belle et vraie. J’ajouterai « et à aimer »."

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Jubilé des 25 ans de vie religieuse de soeur Cécile Renouard, juin 2019

Ses mots prononcés à la fin de la cérémonie

microQuelle émotion de vivre cette fête à Forges, 28 ans après m’être décidée, dans ce lieu-même, au terme d’une semaine passée avec la communauté qui vivait sur place, à demander à entrer à l’Assomption !

Pour vous dire ma jubilation, je propose une petite valse à quatre temps qui résonne avec le dégagement joyeux : la joie, la peine, le dégagement, l’engagement.

-          La joie d’abord : ma reconnaissance est immense et votre présence symbolise ce que j’ai reçu depuis toute petite, par tant d’amour inconditionnel et d’amis fidèles, par la route vécue à l’Assomption, par tous les temps; je rends grâce pour la magnifique aventure qui a démarré ici grâce à la confiance faite par mes sœurs et qui se poursuit grâce à la somme de générosités et d’intelligence collective cumulées au Campus !

-          La peine ensuite : il importe tant "d’honorer notre peine pour le monde", comme le dit Joanna Macy, militante bouddhiste qui propose un beau IMG 20190608 164513chemin de transition intérieure. Nous l’avons dit à plusieurs reprises pendant cette célébration : notre monde est en feu ; après quinze années marquées par des enquêtes de terrain dans différents pays, par des efforts divers pour analyser les tensions et tenter de repérer des signes de transformation de nos modèles économiques et de nos modes de vie, l'aventure du Campus me donne encore davantage l’énergie et le courage pour regarder en face les impasses que nous nous complaisons à entretenir et provoquer ; reconnaissons nos complicités, nos tiédeurs, nos peurs, nos recherches de confort et de sécurité. Nous pouvons nous entraider dans l’écoute, le toucher, le goût, la respiration, la contemplation de ce qui souffre, s’étiole, s'éteint…et de ce qui germe, s’invente, se déploie avec une créativité extraordinaire, pour vivre une sobriété heureuse et solidaire.

-          Le dégagement : il s’agit de nous dégager, de nous laisser libérer, de changer de regard. Nous sommes appelés à chausser des lunettes qui nous permettent de voir le possible, l’invisible. C’est ce que le Christ nous invite à faire avec douceur, fermeté, amour. C’est ce que j’expérimente parfois douloureusement, moi qui aime bien savoir où je vais, qui suis impatiente: le consentement à ce qui est mélangé, ambigu, parfois tordu et blessé, pour sortir de la plainte, de la comparaison, du jugement stérile, de l’ego, du ‘grand petit moi’, pour y mettre une espérance agissante, pour maintenir le cap.

-          ForgesL’engagement : allons de l’avant, dans l’esprit du dégagement/engagement que Marie-Eugénie décrit si bien (en s’adressant à ses sœurs, mais son message peut parler à tous) : «Je crois que, dans un dégagement joyeux, l'esprit de l'Assomption laisse de côté, comme dit un Prophète, les plaintes, les lamentations, mais cherche ce que Dieu veut que nous fassions pour tirer des choses qui arrivent le meilleur parti possible pour son service et pour sa gloire; une parole de la sainte Écriture domine tout cela saintement et parfaitement: tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Voici la grande raison de ne pas se lamenter: tout, mes sœurs, tourne au bien de ceux qui aiment Dieu; entendez-le bien, tout, il n'y a rien d'excepté: les fautes, quand on s'en repent; les difficultés, quand on les accepte; les peines, quand on y acquiert la patience; les ennemis, le démon, les épreuves, les tentations, la santé, les impuissances les situations où l'on se trouve, les peines à l'oraison, les lumières quand on en a, et il ne faut pas les rejeter, les consolations qui sont un don de Dieu, tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu; abordant les choses de cette façon, vous comprenez avec quel dégagement joyeux, quelle force, quelle confiance, quelle liberté d'esprit, quelle simplicité, avec quelle droiture, avec quelle absence de choses et de paroles inutiles on traverse tout. » C’est ce que nous pouvons nous souhaiter, de nous encourager et nous porter ensemble sur ce chemin !

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Jubilé des 25 de vie religieuse de soeur Véronique et soeur Sophie

Les 15 et 16 septembre 2018, la Congrégation fêtait le jubilé des 25 ans de soeur Véronique et soeur Sophie en tant que religieuses de l'Assomption.

IMG 4116Découvrez ici le témoignage de soeur Véronique

"25 ans, c’est long… et c’est si peu… cela passe si vite ! Puisque vous êtes ici aujourd’hui, cela signifie que, d’une manière ou d’une autre, vous avez partagé un peu  ou beaucoup  de ce chemin. Vous êtes une de ces couleurs et de ces formes variées qui ont contribué à donner une couleur ou une forme au vitrail de mon engagement, un vitrail qui continue de se déployer… Merci pour votre présence et votre amitié fidèle.

Une expression venue de l’Afrique du Sud dit bien quelle est ma conviction aujourd’hui, après 25 ans… « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous. »

Nous nous recevons les uns des autres, à chaque instant, dans une sorte d’engendrement mutuel qui fait que l’on ne peut pas se dérober à la relation, aux relations… et que, même si elles sont toujours un appel à se dépasser, elles sont un chemin vers la vie et vers l’amour.

C’est pourquoi au moment de rendre grâce, tant de visages passent en mon cœur… comme un fil continu de l’Amour de Dieu pour moi. Tant de personnes qui ont été là au bon moment, présence providentielle qui aide à avancer.20180915 120225

Ainsi, si l’appel de Dieu est un appel personnel, je suis heureuse de l’avoir vécu et réalisé avec d’autres, enrichie par nos différences, dans une belle collaboration et dans une communion de destin qui fait notre force. Les missions reçues, les voyages, les obstacles à surmonter, la vie de communauté, ont élargi mon univers et mon regard. Ils m’ont appris un sens de la fraternité dépassant largement les frontières et que tout contribue à nous faire grandir.

En même temps, chaque jour me conduit à découvrir davantage que l’on ne vit pas sans racines… Je rends grâce pour ce que j’ai reçu de mes parents, de ma famille… pour cette terre du Médoc qui, de mille manières, a façonné ce que je suis… Une terre faite de sable, d’eau et de vignobles… où la maturation des raisins fait accepter la lenteur des saisons… une terre « entre deux mondes », l’océan et le continent, une terre de passage et de transition…

Dans la foi, j’ai compris peu à peu que l’on vit des transformations permanentes et fécondes. Appelés à grandir, nous sommes invités à nous laisser pétrir, à devenir un peu plus ce que nous devons être sous le regard de Dieu et avec Lui. Il y a toujours un « plus » à attendre et à découvrir. En comptant sur quelques surprises qui donnent un relief de plus à la vie. J’ai appris à marcher avec la conviction que Dieu est toujours là, comme un ami fidèle et que quoi qu’il arrive, il ne lâche pas ma main. Je rends grâce pour cette présence sûre et rassurante.

 20180915 120603Comme l’évoque la citation de Marie Eugénie au dos du livret de cette célébration, nous sommes appelés à la joie, une joie qui ne se laisse pas arrêter par les contradictions ou les moments difficiles, une joie qui jaillit de l’intérieur, de la certitude d’être aimé de Dieu et de pouvoir aimer à notre tour. Maladroitement parfois mais de tout son cœur. Dans l’humble conscience de ce qu’est notre humanité, relevée et transfigurée par un Dieu qui a assumé notre condition humaine.

Parmi les nombreux motifs d’action de grâce, je voudrais aussi relever que ma route a été marquée par le goût du « silence », de la vie contemplative. J’aime parler autant que j’aime goûter le silence… car lorsqu’il nous faut – chacun à notre tour  accepter l’insécurité, l’inconnu, le déplacement, « on est partout chez soi lorsqu’on porte tout en soi » (Etty Hillesum) ; et je crois que tout se joue dans ce lieu « caché » où, sous le regard du Christ, nous apprenons à aimer. Il me semble que Marie est cette femme du silence, enracinée dans le présent et pleinement donnée à ce que Dieu attend d’elle… elle m’a appris à accueillir, à adorer, à veiller, à contempler… à dire « oui » à tout ce qui survient ou surviendra dans nos vies. Je vous invite à la prier avec ce chant italien : « Vergine del silenzio »."

Texte pour la procession des offrandes – 15 septembre 2018

(Parents de Véronique portant le sable et la terre)

Au cœur d’un monde en mouvement, les racines nous rattachent à la terre… une terre qui nous donne le goût de l’humanité et de la vie simple, au rythme des saisons. 20180915 120935Béni sois-tu, Seigneur, pour la terre de nos racines et pour nos familles, Béni sois-tu pour la famille de Véronique, pour ses parents, pour ses grands-parents, pour la vie et les valeurs transmises… Béni sois-tu pour l’immensité et la force de l’océan, pour la beauté des vignes et leur fruit mûr. (Catherine Ansieau et Véronique Poutoux portant le tableau de l’onction de Béthanie)

 20180915 121119Au cœur d’un monde souvent assourdissant, le silence et l’écoute de ta Parole nous donnent d’habiter la terre de notre cœur. Ils sont la voie par laquelle nous apprenons à aimer. Béni sois-tu, Seigneur, pour les lieux où nous aimons nous ressourcer et pour les personnes qui accompagnent nos chemins intérieurs. Béni sois-tu pour les femmes de l’Evangile, la veuve qui offre son obole, la femme qui lave de ses larmes les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux et les parfume. Béni sois-tu pour Marie, femme du silence amoureux et contemplatif. (Mickaël portant le PAEA, Marie-Ange Lafaysse et leurs deux fils)

20180915 121010Au cœur d’un monde offrant de multiples choix, l’éducation est un défi de chaque jour. Béni sois-tu, Seigneur, pour tous ceux qui, à l’Assomption ou ailleurs, se donnent à cette grande tâche. Béni sois-tu pour les écoles, les camps d’été, les centres sociaux où il est si beau de voir grandir les enfants et de les accompagner sur leur chemin vers la vie. Béni sois-tu pour la joie de voir des jeunes devenir adultes et prendre librement leurs responsabilités. (Sr Marie-Laure et Quitterie portant l’icône de Marie Eugénie et le livre « La Ruche et la Barque »)

20180915 121006Au cœur d’un monde interconnecté et globalisé, l’amitié est le chemin qui nous conduit vers des relations durables et profondes. Béni sois-tu, Seigneur, pour nos amis, ceux que l’on rencontre souvent, comme celles et ceux qui restent fidèles, au-delà du temps et des frontières. Béni sois-tu pour sainte Marie Eugénie et Mère Thérèse Emmanuel qui ont construit l’Assomption sur la base solide et réaliste de leur amitié. (Sr Christine F. et Jean-Pierre portant la Règle de vie et une photo de Forum)

Au cœur d’un monde traversé par des expériences éphémères, la vie de communauté, vécue dans la fidélité quotidienne, est « une épiphanie de l’Amour de Dieu ». Béni sois-tu, Seigneur, pour toutes les communautés de vie et de partage auxquelles nous appartenons. Béni sois-tu en particulier pour les communautés où Véronique a vécu au long de ces 25 années, pour chaque sœur avec laquelle elle a partagé sa passion pour le Christ, pour la joie de l’internationalité et pour les laïcs qui entrent dans la joie de construire ensemble un chemin de fraternité. (Pour porter le Pain et le Vin : Sr Hélène Bureau et Sœur Véronique) Béni sois-tu pour tous ces dons qui, offerts avec le Pain et le Vin qui deviendront ton Corps et ton Sang, sont un chemin vers la vie en plénitude… 

IMG 4134Voici le témoignage de soeur Sophie, dont le jubilé était célébré le 16 septembre 

"Il serait bon de n’avoir à entendre, en ce jour de célébration de jubilés, que la question de Jésus adressée à ses disciples. En effet, après un temps de vie commune avec Jésus, celui-ci pose à ses disciples une question décisive: « Qui dites-vous que je suis ? » Chacun, chacune pourrait répondre, comme Pierre, quel visage du Christ l’a attiré(e) et continue aujourd’hui de le/la séduire. Tout serait si simple et si harmonieux.

Mais il en n’est pas tout à fait ainsi et Jésus précise bien aux siens ce que veut dire le suivre de près en partageant son projet et sa destinée. Marc dit que Jésus « commença à les instruire » en leur disant qu’ils devraient souffrir beaucoup. Jésus ne dit, en réalité, rien de nouveau. Il dit quelque chose de fondamental, qui ne s’apprend que peu à peu, au fil des événements et des aléas d’une vie.

IMG 4068Comme Pierre nous pourrions être tentés de rejeter le portrait du Fils de l’homme souffrant et nous entendre dire que notre manque d’intelligence est digne de Satan. Car à travers Pierre, le confident et l’ami, c’est bien l’adversaire qui tente de troubler Jésus. Mais l’Esprit Saint, qui le conduit, ne peut pas être détourné de son chemin : « Passe derrière-moi Satan ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » Jésus échappe à la tentation et Pierre sort de son rêve de réussite et de succès. Non seulement Jésus devra souffrir mais aussi tous ceux qui le suivent. Et Jésus de préciser alors : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qui prenne sa croix et qu’il me suive. »

Suivre Jésus est une décision libre. Mais il ne suffit pas de dire oui une fois pour toutes. Le suivre c’est d’une part renoncer aux projets contraires au royaume de Dieu et, d’autre part, accepter les souffrances qui peuvent nous arriver du fait de le suivre et de nous identifier à sa cause.

IMG 4076La tourmente qui emporte aujourd’hui l’Église donne, toutefois, peut-être à entendre autrement les textes de ce jour et donne une certaine gravité à cette célébration. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs distants et critiques à ces dénonciations des abus de l’Église, « abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience », abus sous toutes les formes … Nous sommes cette Église qui abuse des personnes et dont les décisions sont parfois déterminées par l’objectif de régler ou faire avancer les choses, de réussir en somme. Il y a une urgence radicale à entendre à nouveau les paroles du Christ...

Le pape François, dans la lette encyclique Gaudete et exsultate, nous invite à nous laisser transformer et à continuer à faire entendre envers et contre tout le message de la bonne nouvelle du Christ : « Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine » (n° 24). Qu’il en soit ainsi pour chacun d’entre nous…"

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