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thumbnail Image 9Premiers voeux de Carolina

« Il y a des moments qui s’enregistrent dans notre intérieur et la mémoire s’imprègne de sentiments et d'images qui simplifient tout. C’est comme ça que le jour de mes premiers vœux me reste, je le symboliserais sous la forme d’un grand sourire, car j’ai expérimenté une telle joie que j’ai eu le sentiment de rire et que tout le monde riait avec moi.."

Carolina 6Le 5 octobre 2019, à Managua, au Nicaragua, en Amérique centrale, j'ai fait les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance comme religieuse de l'Assomption, ce qui pour moi signifiait que c'était un « Oui » au grand amour de Dieu et de l'humanité. J'avais des raisons d'être heureuse, mais j'ai été surprise de constater que tout le monde était aussi heureux que moi. C'était un sentiment partagé et maintenant, en cherchant les raisons, je pense que l'une d'entre elles pourrait être parce que j'ai senti mon cœur s'ouvrir.

Au début de la cérémonie, j'ai ouvert mon cœur en partageant cela avec ce que je me sens appelée à vivre dans ma vie de religieuse ; dans l'Assomption, nous l'appelons: Mystère et c'est cette manière unique de trouver Dieu et de nous donner nous-mêmes, dans la mission unique que chacune a sur la terre.thumbnail Image 13Mon mystère est: "Dieu avec nous." Quand j'ai pris le micro, je n'avais rien préparé, mais la joie de ce moment m'a fait revivre ce qui m'avait amenée là.

J'ai parlé de mes faiblesses et de mes recherches et de la façon dont Dieu m'avait rencontrée, de tout ce que Dieu avait fait pour que je me découvre en tant que morceau de son plan d'amour. Je leur ai expliqué comment ma vie a été touchée par la découverte de Dieu si proche qu'il écoute et se laisse toucher par la souffrance du monde et m'invite à être une lueur d'espoir pour rappeler que Dieu est là, avec nous. La situation de notre pays est difficile, mais dans la souffrance que nous vivons tous, on trouve la présence de Dieu. Donc Dieu fait sa demeure en nous et on le découvre dans la beauté, le bien et le bon qu'il dépose dans chaque personne. Dieu a été, est et sera toujours avec nous.

thumbnail Image 12Il y avait des éclats de rire et des larmes dans mes paroles, qui me préparaient à faire ma profession, en faisant confiance à la force et à la miséricorde de Dieu. Après avoir dit qui j'étais, j’ai senti que ceux qui étaient là, avaient cessé d’être loin, étaient avec moi et tout le monde là, a dit « Oui » avec moi, en communion de frères et sœurs, en famille, en Église. Puis, j’ai découvert la première douceur d’être une sœur, un don et une vie, non pas pour moi, mais pour Dieu et pour l'humanité, une nouvelle grande famille, pour le Royaume, avec le rêve de construire ensemble un monde meilleur, d'amour, de justice, de paix et d'épanouissement, en étant protagonistes et responsables les uns envers les autres, de l’histoire et de la réalité, avec un don et une mission que Dieu place pour chacun de nous. »  

 

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Un Chemin

Par Carolina Rodríguez, novice de la province d'Amérique centrale -Cuba.

sa communautéJe vais vous raconter mon séjour en France, comment j’ai commencé l’aventure de mon stage de noviciat, que j'appellerai « un chemin », un temps de grâce, de rencontre avec Dieu et avec moi-même. Un temps également pour apprendre une nouvelle langue et aussi une nouvelle manière de vivre, plus pleine, simple et heureuse.

Au début, c’est avec surprise et joie que j’ai reçu la nouvelle de mon envoi, cela me donnerait l’occasion de découvrir davantage l’Assomption, Marie-Eugénie et Thérèse-Emmanuel, près de la source.

Après toute l’émotion, vinrent des moments où la réalité m’attendait, c’était la première fois que j’étais complètement immergée dans un monde sans pouvoir m’exprimer ; je suis arrivée sans connaître rien de rien du français et c’est au cœur de ce sentiment de fragilité que la grâce s’est faite plus forte. Le mystère auquel je me sens appelée a commencé à poser ses fondements dans ma propre chair : Dieu avec nous, avec moi, allait se convertir en une parole de foi qui me soutiendrait et ferait son travail pour m’aider à renaître.

IMG 20190216 223559 064Je pense que je n’ai jamais ressenti ce genre de peur, une peur profonde qu’il est difficile d’expliquer, qui me rendait vulnérable, je n'avais plus la parole, je ne savais pas comment m'exprimer, je ne pouvais pas dire qui j'étais et, apparemment, tout ce que je connaissais était comme désactivé, je ne pouvais rien faire si je ne connaissais pas la langue. Je sentais qu’il m’était donné de vivre la parole reçue par Marie-Eugénie, sûrement lors de moments de grands détachements : "Il faut que je te suffise".

Peu à peu les paroles commencèrent petit à petit à arriver, ces essais de prononciation m’apprirent à simplifier mes pensées. Je crois que le plus difficile fut de sentir mon intelligence limitée par les paroles pouvant sortir de ma bouche. Ce fut dur, mais ce fut aussi un cadeau pour comprendre que je n’étais pas réduite à ce que je disais ou à ce que je faisais ; j’appris à Savoir Être, tel un aveugle ou un muet, d’autres sens se développèrent, ma bouche étant démunie de paroles, ce furent le cœur et l’âme qui se transformèrent en un premier sens. Je commençais alors à découvrir un nouveau mondeIMG 20190329 WA0010, en me sentant invisible, je découvrais d’autres personnes invisibles comme moi, quelquefois des enfants, des étrangers, des personnes simples que la société a cessé de regarder, auxquelles suffisent des gestes, des sourires, des regards d’attention et d’hospitalité.

En France, j’ai appris à ne pas faire mais plutôt à savoir être, et quand on Est, on fait déjà beaucoup, le monde grandit par le cœur, l’amour devient plus fort et simple, j’ai compris alors que nous sommes toujours en train de donner et de recevoir quelque chose, même dans le silence. Je me sens invitée à aller vers la vie, car c’est là que Dieu nous attend.

Je remercie ma communauté de Bordeaux de marcher avec moi, pour marcher ensemble.

 

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Anne FloreSoeur Anne-Flore est parisienne et originaire du Poitou. Religieuse depuis 2002, elle vit en communauté à Paris-Lübeck. Elle accompagne les équipes pastorales, dans l'équipe de Tutelle des 15 établissements scolaires Assomption France.

Le mystère de l’Annonciation

Chez les Religieuses de l’Assomption, chaque sœur reçoit à ses premiers vœux, un mystère. J’ai reçu celui de l’Annonciation qui représente le mystère de Marie qui reçoit et qui donne la Bonne Nouvelle du Christ. J’ai la mission de recevoir le Règne parce qu’Il est déjà là, et de L’annoncer parce qu’il est à venir. Mais comment voir ce Règne déjà là et à venir ?

Un vrai défi pour le regard

C’est d’abord sur ma vie personnelle que ce regard doit porter, pour cerner le Règne déjà présent et encore à venir. Tel est le défi, car la foi se traduit particulièrement par le regard. Il s’agit de se rendre compte combien le Royaume me fait chercher les traces de Dieu en moi, dans les personnes que je rencontre, dans mon apostolat, etc. Si je sais ce qu’est la signature de Dieu dans ma vie, je peux alors la donner aux autres avec humilité et abandon car c’est Lui qui œuvre.

Avec les jeunes 

C’est ainsi qu’avec les jeunes, je suis attentive aux signes du Règne dans leur vie. Ancienne aumônière d’étudiants à Bordeaux, j’ai reçu récemment une carte d’un jeune qui vient de rentrer au séminaire en année de discernement. C’est le signe que Dieu vient à moi et m’appelle à me réjouir de cette grâce. Car ce que je vis et annonce, j’espère et je souhaite que cela fasse vivre l’autre.

Avec les petits 

Ils interpellent aussi mon regard : ce que nous faisons aux plus petits est essentiel dans cette quête du Royaume. Tous nos gestes peuvent manifester le Royaume s’ils portent l’amour de Dieu, l’attention aux frères, aux sœurs, dans le quotidien de notre vie.

À Lourdes...

L’attention aux autres se vit également à Lourdes. Le moment où nous chantons « Adveniat Regnum Tuum » à la grotte est un temps très profond en moi. C’est le lieu de la rencontre du Christ que Marie nous recommande de suivre. La pierre de la grotte peut être le signe de la solidité de ce Règne ; et la messe finale, le signe de la récolte de ce que nous avons semé pendant tout le Pèlerinage national.

À table !

Pour conclure, je pense que le Royaume de Dieu ressemble au repas, une belle image évangélique. Dans notre communauté, nous nous sommes récemment mis à fabriquer notre pain. Pour qu’il soit réussi, tous les ingrédients doivent être réunis dans la bonne proportion et dans le bon ordre. Le Royaume, c’est donc un peu comme quelque chose qui se laisse pétrir par Christ, tandis que chacun, chacune apporte sa vie en ingrédient !

 

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Laure portrait.2Soeur Laure, communauté de Bordeaux

Ce qui m'a attiré à l'Assomption, c'est la vie de prière, dialogue avec Dieu, tout à tour silencieux, chanté en chœur, qui est louange, adoration, intercession, et c'est la joie des sœurs de vivre ensemble avec cette grâce particulière que chacune conservait : être soi-même avec le plus de plénitude possible.
En entrant dans cette famille religieuse, j'ai découvert comment l'amour de cette Terre, des hommes, des femmes qui y vivent, créatures aimées de Dieu, peut rendre la vie et le travail apostolique riche de joie et de possibilités. Voir la Terre comme un lieu de gloire pour Dieu à travers la louange née de la contemplation de ses œuvres, et le travail de chacun pour le bien du corps entier.
Voilà ce qui fait aujourd'hui ma vie de Religieuse de l'Assomption ! 

 

  

Christa 3Soeur Christa, communauté d'Issoudun 

A ma naissance, j'ai eu la chance d'être déposée dans un berceau de Foi.
Mon premier souvenir d'une amitié avec Jésus remonte à mes 4 ans. Maman avait l'habitude en rentrant de faire ses courses de s'arrêter pour prier dans la chapelle du Carmel, non loin de notre maison. Et je me souviens qu'elle me chuchotait à l'oreille, en m'indiquant du doigt le tabernacle, "Jésus est là". Et alors j'étais, comme elle, dans l'attitude du priant.


Régulièrement, après le déjeuner en famille, je filais à l'école et entrais dans la chapelle, attendant l'entrée des Ursulines pour leur Office du Milieu du Jour et je séchais souvent, le Vendredi après-midi, l'un ou l'autre cours pour aller à l'Adoration et, sans savoir exactement comment prier, j'étais là, tout simplement.
C'est dans ce cadre que j'ai grandi. Le moment de ma Profession de Foi fut important et reste gravé en moi. A cette époque, chaque communiante renonçait au Mal et s'attachait à Jésus, devant l'hostie avant de communier !
Aussi pas étonnant qu'à mon renouvellement de Communion solennelle j'ai dit un premier "Oui" à Jésus !

L'adolescence fut un moment de balançoire : tantôt, je me donnais à Dieu, dans la vie religieuse et tantôt je balançais du côté du mariage ! Et c'est vraiment, à mes 25 ans, que j'ai, délibérément, choisi de répondre à Dieu pour Lui-même.
Enseignante (virus familial) à Saint-Aignan d'Orléans, j'y suis entrée comme postulante pour répondre à deux appels : celui d'une vie contemplative à travers la Liturgie de l'Office divin et l'Adoration, d'une part, et celui de l'Enseignement-Education, d'autre part.

Ainsi, une bonne quarantaine d'années de vie communautaire, toutes plus belles les unes que les autres : Joie de servir la Congrégation et, à travers elle, l'Eglise de Jésus-Christ, les Jeunes, élèves ou sœurs. Joie de témoigner que Dieu est !
Et, par là même, Joie d'inviter toutes celles et ceux que nous croisons au Bonheur que Dieu veut pour chacun(e) !

 


DSC 0009 2Soeur Marie-Laure, communauté de Montpellier

Saurais-je dire oui comme toi Marie ? C'est cette demande qui m'habitait en août 1991 lorsque je suis passée en train devant la grotte de Lourdes pour la première fois. Je venais pour une semaine de service, et je suis restée un mois, puis par la suite un an. Tous les soirs et plutôt tard dans la nuit, je formulais cette demande "toute simple", qui impliquait chez moi un lâcher-prise à ma volonté, pour laisser Dieu être Dieu en moi, selon aussi les sept demandes de la prière du Notre-Père.

Mon "ressenti" d'enfant a rejailli : il était enfoui au fond de mon cœur et Dieu m'avait préparé le bon moment pour répondre à un appel entendu lorsque j'avais 7 ans. En 1974, après le sacrement de la réconciliation et à la veille de ma première communion, le prêtre avait dit au groupe : "Demain Jésus va se donner à chacun de vous dans l'Eucharistie, et cela durera pour toujours. Et vous, qu'allez-vous lui offrir ?" Le lendemain, je voyais les autres enfants avec des fleurs , des dessins, des bougies... mes mains étaient vides mais la joie m'habitait, car sans être parenue à la formuler toute la nuit, je savais du haut de mon jeune âge que la réponse était dans mon cœur. Le prêtre me pose la question et je lui réponds paisiblement par deux mots "ma vie". Je me rappelle juste qu'il a pris mes deux mains dans les siennes. Au fil du temps et ses mutations, sans jamais en reparler, il m'a portée dans la prière et a veillé sur ma croissance humaine et spirituelle, l'amitié s'est renforcée. J'ai continué ma route par des études d'agriculture, un engagement dans le scoutisme, du bénévolat avec ATD quart-monde... et une année pour me mettre à l'école de l'Evangile (qui était dans la cour de la maison de retraite spirituelle des sœurs de l'Assomption) et de nouveau, une nuit, face à la grotte, j'ai dit OUI, et j'ai commencé mes différentes étapes pour une vie religieuse à l'Assomption.

Ce religieux était aussi présent à mes premiers vœux mais ce n'est qu'au jour de mon engagement perpétuel que nous avons fait mémoire, avec beaucoup de joie et d'émotion, de cette bonne question qu'il m'avait posée et de la belle réponse que Dieu avait mise dans mon cœur, et qu'il m'avait aidée à accomplir dans une joie et un don complets.

Ce oui est à renouveler chaque matin, invitation à prendre soin des paroles ou des petits actes reçus, ou donnés à travers lesquels Dieu se dit et qui peuvent orienter et combler une vie. Invitation aussi à être témoin de cet immense don qu'est l'Eucharistie.

 

Myriam portrait

Soeur Myriam, communauté de Montpellier

Dans son enfance, sœur Myriam Selz a dû se cacher, cacher ses origines juives, cacher son nom et devenir Marie Sellier durant sa scolarité. Après la guerre, elle ne pouvait s’empêcher d’être prise de tremblements lorsqu’elle entendait parler allemand.

Après la Libération, elle revient à Paris. Elle a quatorze ans et quelque chose commence à cheminer en son for intérieur, pour se confirmer un Noël 1947, lors de la messe de minuit. Elle avait reçu l’appel. « J’ai compris qu’il m’avait sauvée, que j’étais libre de dire non mais que, par amour, je devais dire oui. J’ai décidé ce jour-là que je serai religieuse : ce fut l’acte le plus libre de ma vie »,  se souvient-elle.

Ses premières années l’avaient confinée dans le silence, son parcours l’a poussée à parler, unir, montrer la foi par sa vision du catéchisme, unir juifs et chrétiens trop longtemps séparés par leur culture. Tout entière portée par un élan unificateur, son amour du Christ qui voit tous les êtres comme une immense famille qui s’est oubliée.

Lors de ses années en France, au Danemark, en Inde et à Jérusalem, sœur Myriam n’aura de cesse de créer des ponts entre les êtres pour que la parole soit, pour que l'âme s'affirme dans ce monde divisé pour retrouver l'unité par un meilleur vivre-ensemble. Par l’éducation, le catéchisme.

Comment avancer sur des bases solides lorsqu’on ne reconnaît pas ses racines ? Sœur Myriam, par la force des épreuves et des divisions qui ont caractérisé ses premières années, incarne cet élan réparateur qui s’accroche à l’essentiel. Elle ne pouvait qu’adhérer à la vision de sainte Marie Eugénie, « c’est une folie de ne pas être ce qu’on est avec le plus de plénitude possible ». Ainsi, accepter tout ce qui nous constitue et l’assumer au grand jour, comme elle a poussé les chrétiens à sortir de l’ombre par ses activités catéchétiques auprès des enfants. Ne pas se soumettre à la division, mais l’interroger, pour se plonger tout entier dans l’amour du Christ et le servir véritablement.

Sa biographie Fille de Jérusalem - Ma passion pour l'unité, éditions du Cerf, 2017.


 Voeux perpétuels de soeur Amélie

amelieSœur Amélie d’Aboville a prononcé ses vœux perpétuels le 26 mai 2018. Voici un portrait d'elle réalisé par sœur Blandine Fougerat.

D'où viens-tu Amélie, comment as-tu rencontré le Christ t'appelant à la vie religieuse et l'Assomption ?

Voilà un peu plus de 8 ans que je suis entrée chez les Religieuses de l’Assomption. J’avais alors 24 ans. Aujourd’hui, j’en ai 32. J’ai toujours un peu de mal à dire d’où je viens car j’ai beaucoup déménagé, à cause du métier de mon père. Je suis née à Poitiers, puis j’ai déménagé en Normandie, dans plusieurs endroits et mes parents habitent depuis une dizaine d’années dans les Hauts-de-Seine.

Comment ai-je rencontré le Christ et l’Assomption à travers ta vie familiale ?

J’aime bien dire que ma vie, c’est l’histoire d’une voix. C’est d’abord un chuchotement. Un Dieu qui est venu chuchoter à mon oreille son existence et sa suprématie, à travers l’éducation que j’ai reçue de mes parents et mes premiers contacts avec les Religieuses de l’Assomption lorsque j’avais une dizaine d’années, à Saint Gervais, dans les Alpes.

IMG 2761Un chuchotement qui s’est transformé en petite voix essentiellement à travers mon investissement dans le scoutisme, comme louvette, comme guide puis comme cheftaine. J’y ai découvert le sens de l’engagement en vérité devant Dieu et devant les autres ainsi que le goût pour l’éducation des plus jeunes.

Cette petite voix s’est fait entendre de plus en plus dans mes années étudiantes grâce à mes amis et à des pèlerinages étudiants forts comme les JMJ de Rome.

À un moment donné, j’ai senti que cette voix non seulement se faisait entendre de manière plus insistante mais qu’elle devenait appelante et qu’elle attendait une réponse de ma part. Elle me disait : « Amélie, je vais avoir besoin de toi pour mon Royaume. Est-ce que tu accepterais de tout quitter pour me suivre ? »

J’ai dit non d’abord. Moi ? Religieuse ? Ne pas avoir d’enfants ? Porter une jupe toute ma vie ? Ne plus voir ma famille ? Quelle idée ! Mais, plus je refusais et plus je m’enfonçais dans une vie sans but ni sens.

J’ai fini par comprendre qu’il fallait peut-être que je réponde « oui » à cette voix que ne cessait pas de m’interpeller et de me promettre une vie en plénitude …

P7171420Pour pouvoir dire un vrai « oui », j’ai décidé de partir un an à l’étranger, avec les Religieuses de l’Assomption, pour une mission de volontariat. Je suis partie en Lituanie. Histoire de me retrouver seule pour vraiment discerner cet appel à la vie religieuse. J’ai pu faire cette expérience de la solitude au cœur de laquelle Dieu parle. Et j’ai dit « oui » !

Le 26 mai 2018, j'ai prononcé mes vœux perpétuels. C’est le fruit de ce chemin que Dieu a commencé en moi il y a quelques années. Aujourd’hui, je peux dire que je suis en train de devenir ce que j’ai toujours désiré être au plus profond de moi. L’Assomption est ce lieu qui me permet de faire jaillir ce qu’il y a de plus beau en moi, pour Dieu et pour les autres.

Un jour tu m'as partagé ta passion d'enseigner et d'éduquer : peux-tu nous en dire plus aujourd'hui ?

J’enseigne le français depuis 3 ans dans un établissement de l’Assomption en Seine-Saint-Denis, à Bondy. J’aime ce métier. Être professeur de Lettres en Seine-Saint-Denis, c’est une vraie vocation. Ce département, si attachant mais tellement marqué par une pauvreté sociale et intellectuelle, a besoin de professeurs de français enthousiastes ! Tout mon enjeu éducatif est de montrer aux jeunes comment les mots ont plus de pouvoir que la violence et l’agressivité. Le pouvoir du Verbe contre la barbarie. J’essaye d’initier mes élèves à un univers, celui de la littérature, qui leur semble souvent inaccessible, parce qu’ils viennent d’un milieu défavorisé. Le défi est grand mais il est passionnant !

sr BlandineQuels sont tes sentiments à l'annonce de ton prochain départ pour l'Université de San Salvador pour des études de théologie ?

Je suis envoyée deux ans par ma Province, en Amérique centrale, au Salvador, pour faire des études de théologie, à la rentrée prochaine. Ce n’est pas banal ! Faire des études de théologie, au Salvador, en espagnol, alors que je ne parle pas un mot d’espagnol ! C’est quand même un peu fou … Pourtant, j’ai la certitude profonde que Dieu m’attend là-bas. Certes, je suis envoyée pour des études de théologie, mais pour moi, l’expérience ne s’arrête pas là uniquement. Ce sera surtout l’expérience de quitter la Province de France que j’aime tant pour découvrir une autre Province de l’Assomption dans un contexte totalement autre. Je ferai également l’apprentissage d’une nouvelle langue, c’est toujours utile pour la Congrégation internationale. Je me réjouis de cette future expérience, même si, je l’avoue, ça va être difficile de quitter ma communauté, ma famille et un métier qui me passionne …

À une soeur qui vient de fêter ses 60 ans de vie religieuse, que voudrais-tu dire ?

À toi, ma soeur plus avancée sur le chemin de la vie, je voudrais dire merci.

Merci, parce que c'est grâce à toi que je marche à l'Assomption aujourd'hui. C'est vous, mes soeurs aînées, qui avez, par le don de votre vie, construit l'Assomption d'hier pour que je puisse continuer de l'achever aujourd'hui et pour les générations de soeurs futures.

Merci, parce que me montre qu'une vie à la suite du Christ peut être une vie de plénitude et de joie, malgré la maladie et les événements de la vie.

Merci, parce que ton expérience de Dieu et ta sagesse m'aident à avancer sur le chemin de la foi.

 


Jubilé des 25 ans de vie religieuse de soeur Anne, 1er juin 2019

Anne"Voici un petit mot de la fête de mon jubilé à Lourdes, le 1er juin. Fêter un jubilé, c’est l’occasion de faire mémoire d’un chemin parcouru et d’un engagement pris et renouvelé.

La relecture de ce chemin m’a donné l’occasion de prendre conscience de ceux qui m’ont aidée sur ce chemin et de rendre grâce au Seigneur pour tous.

À commencer par ma famille : sans elle, je ne serais pas là. C’est là que j’ai grandi. Elle m’a façonnée, accompagnée avant d’entrer, et même après, lors des séjours faits chez mes parents. J’ai eu la chance de pouvoir y aller quelques fois avec  ma communauté. Ce fut une grande joie de pouvoir vivre ces moments-là. Lors de ces temps passés ensemble, les échanges nous ont fait avancer mutuellement. Chacun témoigne de ce qu’il vit au quotidien, dans les couples, les familles, avec les enfants et ainsi nous nous soutenons mutuellement. Le témoignage des uns fortifie celui des autres.  Merci.

P6010203La communauté et mes supérieures ont été aussi importantes tout au long de ces 25 années à travers les joies et les frottements communautaires. Tout cela m’a façonnée et je rends grâce pour l’entraide fraternelle au quotidien dans le partage, les encouragements pour donner le meilleur de soi-même. La vie communautaire n’est pas un long fleuve tranquille, mais sans elle, la vie serait triste.

Faisant cette relecture, je me suis rendu compte de l’importance des liens fraternels tissés avec tous ceux qui ont croisé mon chemin à travers les différentes missions reçues : étudiants et aumôniers, paroissiens, personnes de l’Arche de Jean Vanier, religieux et religieuses de la famille Assomption, professionnels bénévoles de l’équipe d’économat, religieuses économes partageant la même mission de congrégation, collègues de travail, hôtes du Centre Assomption… Là aussi, que de partages enrichissants, fortifiants et constructifs pour avancer dans l’annonce du Royaume en nous et autour de nous.

IMG 6396Et puis, je crois que le plus grand point d’appui fut la vie de prière, la vie avec le Seigneur relue dans l’accompagnement. Chaque jour, sa Parole stimule encourage, oriente, ordonne, éclaire. En parler avec une sœur ou un frère aîné dans la foi est aussi un soutien qui aide, confirme. Oui, le Seigneur est doux et humble de cœur (cf Mt 11,). « Il est le Chemin, la vérité et la vie. »(cf Jn 14,)

Pendant la célébration, j’ai renouvelé mes vœux. Moment fort. Les mots n’avaient pas le même poids qu’au jour de mes premiers vœux. Ce jour-là, c’était tout l’enthousiasme de la jeunesse qui s’exprimait. Aujourd’hui, je mesure le poids et la beauté de cetengagement.

Et maintenant, la vie continue avec joie et enthousiasme pour l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui en quête de sens. Que le Seigneur nous aide à être contagieux de son Amour. Sur la porte de mon bureau à Lourdes, j’ai trouvé cette parole d’Etty Hillesum « Mon faire consiste à être. » Je la trouve de plus en plus belle et vraie. J’ajouterai « et à aimer »."

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Jubilé des 25 ans de vie religieuse de soeur Cécile Renouard, juin 2019

Ses mots prononcés à la fin de la cérémonie

microQuelle émotion de vivre cette fête à Forges, 28 ans après m’être décidée, dans ce lieu-même, au terme d’une semaine passée avec la communauté qui vivait sur place, à demander à entrer à l’Assomption !

Pour vous dire ma jubilation, je propose une petite valse à quatre temps qui résonne avec le dégagement joyeux : la joie, la peine, le dégagement, l’engagement.

-          La joie d’abord : ma reconnaissance est immense et votre présence symbolise ce que j’ai reçu depuis toute petite, par tant d’amour inconditionnel et d’amis fidèles, par la route vécue à l’Assomption, par tous les temps; je rends grâce pour la magnifique aventure qui a démarré ici grâce à la confiance faite par mes sœurs et qui se poursuit grâce à la somme de générosités et d’intelligence collective cumulées au Campus !

-          La peine ensuite : il importe tant "d’honorer notre peine pour le monde", comme le dit Joanna Macy, militante bouddhiste qui propose un beau IMG 20190608 164513chemin de transition intérieure. Nous l’avons dit à plusieurs reprises pendant cette célébration : notre monde est en feu ; après quinze années marquées par des enquêtes de terrain dans différents pays, par des efforts divers pour analyser les tensions et tenter de repérer des signes de transformation de nos modèles économiques et de nos modes de vie, l'aventure du Campus me donne encore davantage l’énergie et le courage pour regarder en face les impasses que nous nous complaisons à entretenir et provoquer ; reconnaissons nos complicités, nos tiédeurs, nos peurs, nos recherches de confort et de sécurité. Nous pouvons nous entraider dans l’écoute, le toucher, le goût, la respiration, la contemplation de ce qui souffre, s’étiole, s'éteint…et de ce qui germe, s’invente, se déploie avec une créativité extraordinaire, pour vivre une sobriété heureuse et solidaire.

-          Le dégagement : il s’agit de nous dégager, de nous laisser libérer, de changer de regard. Nous sommes appelés à chausser des lunettes qui nous permettent de voir le possible, l’invisible. C’est ce que le Christ nous invite à faire avec douceur, fermeté, amour. C’est ce que j’expérimente parfois douloureusement, moi qui aime bien savoir où je vais, qui suis impatiente: le consentement à ce qui est mélangé, ambigu, parfois tordu et blessé, pour sortir de la plainte, de la comparaison, du jugement stérile, de l’ego, du ‘grand petit moi’, pour y mettre une espérance agissante, pour maintenir le cap.

-          ForgesL’engagement : allons de l’avant, dans l’esprit du dégagement/engagement que Marie-Eugénie décrit si bien (en s’adressant à ses sœurs, mais son message peut parler à tous) : «Je crois que, dans un dégagement joyeux, l'esprit de l'Assomption laisse de côté, comme dit un Prophète, les plaintes, les lamentations, mais cherche ce que Dieu veut que nous fassions pour tirer des choses qui arrivent le meilleur parti possible pour son service et pour sa gloire; une parole de la sainte Écriture domine tout cela saintement et parfaitement: tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Voici la grande raison de ne pas se lamenter: tout, mes sœurs, tourne au bien de ceux qui aiment Dieu; entendez-le bien, tout, il n'y a rien d'excepté: les fautes, quand on s'en repent; les difficultés, quand on les accepte; les peines, quand on y acquiert la patience; les ennemis, le démon, les épreuves, les tentations, la santé, les impuissances les situations où l'on se trouve, les peines à l'oraison, les lumières quand on en a, et il ne faut pas les rejeter, les consolations qui sont un don de Dieu, tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu; abordant les choses de cette façon, vous comprenez avec quel dégagement joyeux, quelle force, quelle confiance, quelle liberté d'esprit, quelle simplicité, avec quelle droiture, avec quelle absence de choses et de paroles inutiles on traverse tout. » C’est ce que nous pouvons nous souhaiter, de nous encourager et nous porter ensemble sur ce chemin !

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Jubilé des 25 de vie religieuse de soeur Véronique et soeur Sophie

Les 15 et 16 septembre 2018, la Congrégation fêtait le jubilé des 25 ans de soeur Véronique et soeur Sophie en tant que religieuses de l'Assomption.

IMG 4116Découvrez ici le témoignage de soeur Véronique

"25 ans, c’est long… et c’est si peu… cela passe si vite ! Puisque vous êtes ici aujourd’hui, cela signifie que, d’une manière ou d’une autre, vous avez partagé un peu  ou beaucoup  de ce chemin. Vous êtes une de ces couleurs et de ces formes variées qui ont contribué à donner une couleur ou une forme au vitrail de mon engagement, un vitrail qui continue de se déployer… Merci pour votre présence et votre amitié fidèle.

Une expression venue de l’Afrique du Sud dit bien quelle est ma conviction aujourd’hui, après 25 ans… « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous. »

Nous nous recevons les uns des autres, à chaque instant, dans une sorte d’engendrement mutuel qui fait que l’on ne peut pas se dérober à la relation, aux relations… et que, même si elles sont toujours un appel à se dépasser, elles sont un chemin vers la vie et vers l’amour.

C’est pourquoi au moment de rendre grâce, tant de visages passent en mon cœur… comme un fil continu de l’Amour de Dieu pour moi. Tant de personnes qui ont été là au bon moment, présence providentielle qui aide à avancer.20180915 120225

Ainsi, si l’appel de Dieu est un appel personnel, je suis heureuse de l’avoir vécu et réalisé avec d’autres, enrichie par nos différences, dans une belle collaboration et dans une communion de destin qui fait notre force. Les missions reçues, les voyages, les obstacles à surmonter, la vie de communauté, ont élargi mon univers et mon regard. Ils m’ont appris un sens de la fraternité dépassant largement les frontières et que tout contribue à nous faire grandir.

En même temps, chaque jour me conduit à découvrir davantage que l’on ne vit pas sans racines… Je rends grâce pour ce que j’ai reçu de mes parents, de ma famille… pour cette terre du Médoc qui, de mille manières, a façonné ce que je suis… Une terre faite de sable, d’eau et de vignobles… où la maturation des raisins fait accepter la lenteur des saisons… une terre « entre deux mondes », l’océan et le continent, une terre de passage et de transition…

Dans la foi, j’ai compris peu à peu que l’on vit des transformations permanentes et fécondes. Appelés à grandir, nous sommes invités à nous laisser pétrir, à devenir un peu plus ce que nous devons être sous le regard de Dieu et avec Lui. Il y a toujours un « plus » à attendre et à découvrir. En comptant sur quelques surprises qui donnent un relief de plus à la vie. J’ai appris à marcher avec la conviction que Dieu est toujours là, comme un ami fidèle et que quoi qu’il arrive, il ne lâche pas ma main. Je rends grâce pour cette présence sûre et rassurante.

 20180915 120603Comme l’évoque la citation de Marie Eugénie au dos du livret de cette célébration, nous sommes appelés à la joie, une joie qui ne se laisse pas arrêter par les contradictions ou les moments difficiles, une joie qui jaillit de l’intérieur, de la certitude d’être aimé de Dieu et de pouvoir aimer à notre tour. Maladroitement parfois mais de tout son cœur. Dans l’humble conscience de ce qu’est notre humanité, relevée et transfigurée par un Dieu qui a assumé notre condition humaine.

Parmi les nombreux motifs d’action de grâce, je voudrais aussi relever que ma route a été marquée par le goût du « silence », de la vie contemplative. J’aime parler autant que j’aime goûter le silence… car lorsqu’il nous faut – chacun à notre tour  accepter l’insécurité, l’inconnu, le déplacement, « on est partout chez soi lorsqu’on porte tout en soi » (Etty Hillesum) ; et je crois que tout se joue dans ce lieu « caché » où, sous le regard du Christ, nous apprenons à aimer. Il me semble que Marie est cette femme du silence, enracinée dans le présent et pleinement donnée à ce que Dieu attend d’elle… elle m’a appris à accueillir, à adorer, à veiller, à contempler… à dire « oui » à tout ce qui survient ou surviendra dans nos vies. Je vous invite à la prier avec ce chant italien : « Vergine del silenzio »."

Texte pour la procession des offrandes – 15 septembre 2018

(Parents de Véronique portant le sable et la terre)

Au cœur d’un monde en mouvement, les racines nous rattachent à la terre… une terre qui nous donne le goût de l’humanité et de la vie simple, au rythme des saisons. 20180915 120935Béni sois-tu, Seigneur, pour la terre de nos racines et pour nos familles, Béni sois-tu pour la famille de Véronique, pour ses parents, pour ses grands-parents, pour la vie et les valeurs transmises… Béni sois-tu pour l’immensité et la force de l’océan, pour la beauté des vignes et leur fruit mûr. (Catherine Ansieau et Véronique Poutoux portant le tableau de l’onction de Béthanie)

 20180915 121119Au cœur d’un monde souvent assourdissant, le silence et l’écoute de ta Parole nous donnent d’habiter la terre de notre cœur. Ils sont la voie par laquelle nous apprenons à aimer. Béni sois-tu, Seigneur, pour les lieux où nous aimons nous ressourcer et pour les personnes qui accompagnent nos chemins intérieurs. Béni sois-tu pour les femmes de l’Evangile, la veuve qui offre son obole, la femme qui lave de ses larmes les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux et les parfume. Béni sois-tu pour Marie, femme du silence amoureux et contemplatif. (Mickaël portant le PAEA, Marie-Ange Lafaysse et leurs deux fils)

20180915 121010Au cœur d’un monde offrant de multiples choix, l’éducation est un défi de chaque jour. Béni sois-tu, Seigneur, pour tous ceux qui, à l’Assomption ou ailleurs, se donnent à cette grande tâche. Béni sois-tu pour les écoles, les camps d’été, les centres sociaux où il est si beau de voir grandir les enfants et de les accompagner sur leur chemin vers la vie. Béni sois-tu pour la joie de voir des jeunes devenir adultes et prendre librement leurs responsabilités. (Sr Marie-Laure et Quitterie portant l’icône de Marie Eugénie et le livre « La Ruche et la Barque »)

20180915 121006Au cœur d’un monde interconnecté et globalisé, l’amitié est le chemin qui nous conduit vers des relations durables et profondes. Béni sois-tu, Seigneur, pour nos amis, ceux que l’on rencontre souvent, comme celles et ceux qui restent fidèles, au-delà du temps et des frontières. Béni sois-tu pour sainte Marie Eugénie et Mère Thérèse Emmanuel qui ont construit l’Assomption sur la base solide et réaliste de leur amitié. (Sr Christine F. et Jean-Pierre portant la Règle de vie et une photo de Forum)

Au cœur d’un monde traversé par des expériences éphémères, la vie de communauté, vécue dans la fidélité quotidienne, est « une épiphanie de l’Amour de Dieu ». Béni sois-tu, Seigneur, pour toutes les communautés de vie et de partage auxquelles nous appartenons. Béni sois-tu en particulier pour les communautés où Véronique a vécu au long de ces 25 années, pour chaque sœur avec laquelle elle a partagé sa passion pour le Christ, pour la joie de l’internationalité et pour les laïcs qui entrent dans la joie de construire ensemble un chemin de fraternité. (Pour porter le Pain et le Vin : Sr Hélène Bureau et Sœur Véronique) Béni sois-tu pour tous ces dons qui, offerts avec le Pain et le Vin qui deviendront ton Corps et ton Sang, sont un chemin vers la vie en plénitude… 

IMG 4134Voici le témoignage de soeur Sophie, dont le jubilé était célébré le 16 septembre 

"Il serait bon de n’avoir à entendre, en ce jour de célébration de jubilés, que la question de Jésus adressée à ses disciples. En effet, après un temps de vie commune avec Jésus, celui-ci pose à ses disciples une question décisive: « Qui dites-vous que je suis ? » Chacun, chacune pourrait répondre, comme Pierre, quel visage du Christ l’a attiré(e) et continue aujourd’hui de le/la séduire. Tout serait si simple et si harmonieux.

Mais il en n’est pas tout à fait ainsi et Jésus précise bien aux siens ce que veut dire le suivre de près en partageant son projet et sa destinée. Marc dit que Jésus « commença à les instruire » en leur disant qu’ils devraient souffrir beaucoup. Jésus ne dit, en réalité, rien de nouveau. Il dit quelque chose de fondamental, qui ne s’apprend que peu à peu, au fil des événements et des aléas d’une vie.

IMG 4068Comme Pierre nous pourrions être tentés de rejeter le portrait du Fils de l’homme souffrant et nous entendre dire que notre manque d’intelligence est digne de Satan. Car à travers Pierre, le confident et l’ami, c’est bien l’adversaire qui tente de troubler Jésus. Mais l’Esprit Saint, qui le conduit, ne peut pas être détourné de son chemin : « Passe derrière-moi Satan ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » Jésus échappe à la tentation et Pierre sort de son rêve de réussite et de succès. Non seulement Jésus devra souffrir mais aussi tous ceux qui le suivent. Et Jésus de préciser alors : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qui prenne sa croix et qu’il me suive. »

Suivre Jésus est une décision libre. Mais il ne suffit pas de dire oui une fois pour toutes. Le suivre c’est d’une part renoncer aux projets contraires au royaume de Dieu et, d’autre part, accepter les souffrances qui peuvent nous arriver du fait de le suivre et de nous identifier à sa cause.

IMG 4076La tourmente qui emporte aujourd’hui l’Église donne, toutefois, peut-être à entendre autrement les textes de ce jour et donne une certaine gravité à cette célébration. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs distants et critiques à ces dénonciations des abus de l’Église, « abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience », abus sous toutes les formes … Nous sommes cette Église qui abuse des personnes et dont les décisions sont parfois déterminées par l’objectif de régler ou faire avancer les choses, de réussir en somme. Il y a une urgence radicale à entendre à nouveau les paroles du Christ...

Le pape François, dans la lette encyclique Gaudete et exsultate, nous invite à nous laisser transformer et à continuer à faire entendre envers et contre tout le message de la bonne nouvelle du Christ : « Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine » (n° 24). Qu’il en soit ainsi pour chacun d’entre nous…"


les jubilairesLe 22 juin 2019, à Orléans, trois jubilés ont été célébrés. Soeur Monique et soeur Geneviève fêtaient leurs soixante ans de vie religieuse, soeur Annick ses cinquante. Découvrez leurs témoignages.

Témoignage de sœur Annick

"C'est pour moi une Joie de pouvoir être avec vous aujourd'hui pour rendre grâce à ce Jubilé, dans ce lieu et dans cette chapelle qui porte des souvenirs très chers à mon cœur.

Mon père fut fait prisonnier en 1941, dans cette maison de Saint-Aignan transformée par les Allemands en hôpital militaire. Il a vécu au milieu des sœurs de Saint-Aignan le temps de sa captivité, il a assisté à une profession religieuse dans cette chapelle avant ma naissance.

soeur ANNICKJe suis née suite à sa libération. Je suis entrée à l'Assomption à Paris l'année de la fusion, mon noviciat est venu à Orléans et dans cette chapelle j'ai fais ma profession religieuse le 19 avril 1969 en présence de mes parents, mes frères et sœurs.

Mon père, revenait pour la première fois depuis sa libération dans ce lieu et dans cette chapelle, pour vivre avec moi mon don au Seigneur, 27 années après sa libération, ce fut un moment de grande émotion.

Mes parents « du ciel » sont bien présents avec nous en ce jour, je veux rendre grâce pour eux, qui m'ont donné la vie et m'ont transmis leur Foi profonde, ils m'ont accompagnée de leur affection et de leur prière tout au long de leur existence, dans ma vie missionnaire et ma vie religieuse, pour l'esprit de famille qu'ils ont su nous donner.

renouvellement voeuxJe veux rendre grâce à ma grande famille qui ne peut pas être là aujourd'hui, mais ils sont en communion avec moi.

Je rends grâce de pouvoir fêter ce Jubilé des 50 ans avec l'établissement scolaire qui me donne l'occasion de me retrouver dans cette chapelle.

Sainte Marie-Eugénie disait : « C'est Dieu qui conduit tout et jamais main plus amoureuse ni plus sage ne saurait conduire nos destinées. »

J'en ai eu la preuve, toute ma vie, Dieu ma conduite et je n'ai jamais douté que c'était mon chemin et le chemin du Seigneur, j'ai connu et je connais encore aujourd'hui cette Joie profonde d'une remise de ma vie entre ses mains dans un abandon total.

Je veux rendre grâce à ma Congrégation, l'Assomption, qui m'a donné et me donne encore aujourd'hui, cette grâce de mettre au service de mes frères et sœurs les dons que le Seigneur m'a donnés dans les différents engagements de ma vie religieuse, en Afrique, auprès des petits et des pauvres, des personnes en difficultés, Tibériade, les prisonniers, les personnes âgées, et tous ceux que j'ai rencontrés sur mon chemin, j'ai tellement reçu de ces personnes, elles m'ont fortifiée dans ma Foi et fait connaître la Joie du Don, en voyant l'œuvre de Dieu manifestée parmi nous. Merci de partager avec moi mon action de grâce."

Témoignage de sœur Geneviève

procession arbre"Née à Orléans, baptisée à la cathédrale, notre paroisse, une opportunité nous a fait déménager à Meung-sur-Loire ; là, j’ai eu la chance d’être scolarisée à l’École normale libre du diocèse, voulue par Mgr Courcoux, pour former des institutrices pour les petites écoles rurales. Pour cela, l’évêque avait fait appel à la communauté Saint-François-Xavier, fondée par Madame Danièlou. J’y ai passé 12 ans dans un climat évangélique de simplicité, d’ouverture, de confiance, et de liberté. Elles nous aimaient.

Un souvenir : au début des années 50, notre professeure d’histoire-géo était heureuse de nous parler de la naissance de l’Europe, de R. Schuman, de la CECA (communauté européenne du charbon et de l’acier) où les matériaux qui avaient servi à s’entretuer pendant 3 guerres en 70 ans allaient être produits et mis en commun. Après la guerre, la marche vers la paix ! Et aujourd’hui, l’importance de l’école pour éclairer les esprits, en ces temps où l’Europe est remise en cause.

soeur GENEVIEVEJ’ai connu les sœurs Gardiennes Adoratrices quand j’ai cherché un poste d’enseignement après mes études. Chaque année, nos professeurs de Meung animaient des sessions pédagogiques de 3 semaines pendant les vacances d’été, pour aider les jeunes institutrices à préparer leur année scolaire, thèmes, objectifs, moyens, dans l’esprit de Madame Montessori. Après avoir suivi une session, j’ai pu proposer à la classe de CP la lecture avec les dictées muettes de Madame Lubienska, les enfants se déplaçant dans la classe pour aller chercher une lettre, chuchotant, épelant tout bas le son, la syllabe et appelant quand la dictée était terminée ou pour une question, une aide, besoin d’être aiguillé. Quand l’école de Meung s’est transportée à Blois pour les deux diocèses, la responsable du centre pédagogique venait régulièrement à Orléans pour animer des journées de formation et cela avait lieu à Saint-Aignan.

Après quelques années d’enseignement, accompagnée par une sœur, je me suis posé la question : « Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? » Peu à peu, l’Esprit saint m’a fait comprendre qu’Il m’invitait à lui consacrer toute ma vie dans la vie religieuse. Mais où ? Comment ? Finalement, j’ai discerné qu’Il m’appelait à Saint-Aignan. J’y étais heureuse. Mes parents ont accepté ma vocation, dans la souffrance, ils avaient une grande Foi tous les deux.

bénédiction finaleLes années 60 ont été marquées dans l’Église, par le concile œcuménique qui a réuni à Rome trois mille évêques du monde entier pour des sessions de plusieurs mois ; ce fut un temps fort de renouveau et en particulier pour la vie religieuse ; il a été demandé à chacune de participer aux nouvelles orientations qui s’imposaient dans les congrégations, devant l’évolution du monde et de l’Église. Ainsi, soeur Marie Christilla, notre supérieure générale des Gardiennes Adoratrices, a voulu vivre à fond ce que l’Église proposait pour la réadaptation de la vie religieuse et, vu notre petit nombre, elle nous a demandé si nous voulions nous rapprocher d’une autre congrégation, une fédération, ou fusionner, ou bien entrer dans une autre congrégation, et ce que nous voulions continuer à vivre quant à l’essentiel de notre vie religieuse. Pour préparer la fusion, soeur Marie Christilla, nous a envoyé un questionnaire, auquel nous devions répondre. Puis elle nous a envoyé régulièrement la synthèse des réponses à chaque question. C’est à la Pentecôte 1967 que nous avons appris la décision du conseil pour et avec l’Assomption ! Grâce à la fusion, des sœurs ont été heureuses de réaliser une vocation missionnaire (Amérique latine, Afrique de l’Ouest). Toutes, nous avons apprécié et continuons, la spiritualité Eucharistique, les sessions à Auteuil et les rencontres avec les sœurs de partout, la vie liturgique, la vie communautaire nourrissante, joyeuse, la vie apostolique avec les jeunes, les laïcs, la simplicité de vie, la confiance des responsables envers nous. En France, la fusion a permis à nos deux congrégations un renouvellement de notre vie religieuse apostolique, dans une mutuelle réciprocité. L’école et le collège d’Orléans en ont beaucoup profité.

Nous avons vécu cela en « temps conciliaire », ce fut une grande grâce de renouveau, d’approfondissement."

 

 

 

 

 

 

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