Etre regardante, témoignage

Etre "regardante", c'est un temps où, tout en continuant à vivre comme avant, on découvre et se rapproche d'une communauté religieuse.

On oscille entre les moments passés en communauté pour mieux découvrir le quotidien des soeurs (vie communautaire, vie de prière et vie apostolique) et, en même temps, on se pose plein de questions : Comment ça va être ? Est-ce que c'est pour moi ? Est-ce que c'est réellement ma vocation ?

Plein de questions existentielles dont Dieu seul a les réponses et Il t'aidera sur ce chemin. Il suffit tout simplement de lui faire confiance.

C'est aussi le moment où tu te rends compte que tu n'es pas décisionnaire de tout et que tu dois remettre ton discernement entre les mains de quelqu'un pour t'accompagner. C'est une magnifique expérience d'abandon dans ce monde où l'on cherche à tout contrôler.

 

regardante

 

Deux témoignages de postulantes

 Le postulat est une période de discernement, de découvertes ! C'est un temps qui se vit dans une des communautés de la Province. Durant ce temps, il nous est donné de découvrir un peu plus sainte Marie Eugénie, la Fondatrice, quelques figures bibliques, etc : des fondements pour nous permettre de mieux répondre à l'appel d'amour du Christ, là où nous en sommes ! 

Ce qui me donne la joie en ce temps, c'est la découverte ! J'ai tout à découvrir de cette vie simple à la suite du Christ ! La vie courante d'une vie communautaire religieuse, la joie fraternelle, l'union au Christ dans mon quotidien, la mission auprès des jeunes, les missions de la Congrégation et encore de nombreuses choses : tout ce qui peut faire la vie d'une religieuse de l'Assomption !

 

Bougies colorees

 

Je suis postulante et j'ai été envoyée dans la communauté d'Orléans.

Je partage la vie des soeurs 24 heures sur 24, ce qui me permet de connaître et de partager les trois dimensions de leur vie (prière, communauté et apostolat) dans les détails et de prendre le temps de peser dans mon coeur la question "et moi, en vivant cette vie-ci, comment je me sens ? Quelles richesses, quelles difficultés, quels défis, quelles joies je vois et je vis ? Dieu, me voici, à quoi m'appelles-tu ?"

J'ai des missions apostoliques comme les soeurs : je suis enseignante de Physique-Chimie dans notre établissement d'Orléans, je suis également animatrice en catéchèse, je participe à la chorale de notre paroisse... autant d'activités qui me donnent à voir et à vivre la riche dimension apostolique de la vie des soeurs à l'Assomption. 

C'est un vrai temps d'observation, d'implication, de formation et d'abandon entre les mains de Dieu de ce désir qui est là au creux de moi.

 

Vitrail 7 copie


Anne FloreSœur Anne-Flore, de la communauté d'Orléans, au sujet de sa profession perpétuelle 

 

Sœur Anne-Flore, vous venez donc de prononcer, début décembre, vos vœux perpétuels en l’église Saint-Pierre de Bordeaux. Pouvez-vous nous préciser les principaux moments de cette importante célébration ?

Est-il indiscret de vous demander comment vous est venue votre vocation de religieuse ?

L’appel de Dieu m’a rejointe à 3000 km ! J’ai passé une année scolaire au Bénin, à Abomey dans un dispensaire tenu par les sœurs de l’Assomption. Je partageais la vie et le travail des sœurs sans penser que je serais moi-même un jour religieuse.

Et quand êtes-vous « entrée » dans la Congrégation des Religieuses de l’Assomption ?

En 2002, a commencé mon chemin à l’Assomption : postulat, noviciat, premiers vœux. L’Eglise manifeste de la sagesse en laissant du temps entre les engagements et en demandant de les renouveler jusqu’à aujourd’hui. Cinq ans ont passé à la suite du Christ et dans mon engagement au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

J’ai reçu l’habit en entrant au noviciat en novembre 2003 ; la croix de la Congrégation, la Règle de Vie des Religieuses de l’Assomption et le voile aux premiers vœux le 25 juin 2005 ; et en ce 4 décembre, l’alliance, signe de mon « oui » pour toujours, jusqu’à la mort au Christ qui m’a appelée à Le suivre de plus près.

Anne Flore alliancePourquoi avez-vous choisi cette Congrégation ? Faites-nous découvrir ses particularités, sa spiritualité, son charisme !

J’ai été attirée par la forme de vie des sœurs : elles mènent une vie contemplative (prière de l’Office de l’Eglise, cinq fois par jour, prière personnelle deux fois par jour, Adoration eucharistique, le face-à-face avec Jésus présent dans l’Eucharistie, messe et lecture spirituelle) et l’allient à une vie apostolique. Le charisme de la Congrégation est l’éducation dans tous les domaines et pas seulement dans une institution scolaire. Nous cherchons à développer les valeurs humaines en toute personne (la droiture, le courage…). Cela passe par l’école, oui, mais aussi dans un dispensaire à la ville ou dans les villages… dans les relations,  « l’écoute » qui aide à trouver le positif, le sens de Dieu, du bien, du beau, du vrai.

Vos études universitaires vous orientaient plutôt vers le monde de la recherche et de la santé… Et toute jeune religieuse vous avez vécu une expérience éprouvante et enrichissante à la fois dans un dispensaire d’Afrique.

Il y a plus de joie à recevoir qu’à donner ; d’abord, je suis partie pour partager ma petite expérience au cœur du laboratoire d’un dispensaire à la limite ville/brousse. J’ai très vite diversifié mes services : chauffeur, comptable, aides diverses et beaucoup de rencontres de familles, de malades. J’ai beaucoup reçu de leur joie de vivre au-delà des difficultés, parfois rudes, auxquelles ils se heurtent, de leur confiance en Dieu quoi qu’il arrive !

Anne Flore prosternationDe retour en France, cet appel du Christ, comment le vivez-vous au quotidien ? Auprès de vos sœurs, des laïcs investis dans l’éducation et l’Eglise et auprès des jeunes... L’éventail est large, entre les tout-petits de l’école et les plus grands du Lycée de l’Assomption à Bordeaux et au Lycée Sans Frontières à Pessac et les étudiants de l’aumônerie de la Paillère, à Pessac !

Au fond, ce qui me plaisait beaucoup avec les malades, c’est le contact, les relations, les échanges, c’est toujours le cœur de ma mission des plus petits aux plus grands.

Au moment où nous prononçons nos premiers vœux, nous choisissons un mystère et, pour moi, ce fut l’Annonciation. Marie a reçu l’annonce de la venue du Seigneur et elle s’est rendu disponible, accueillante, totalement donnée à Celui qu’elle recevait. Mais Marie n’a pas gardé cette annonce pour elle, elle a couru chez Elisabeth. Elle est totalement donnée à tous, sans compter, pour toujours.

Le dynamisme de l’Assomption vous fait participer en France et à l’étranger à des Congrès et des formations, vous fait rencontrer des intervenants d’exception, ce qui permet de progresser au niveau de la Foi, de la mission apostolique, de la communication avec l’autre... Cela doit vous enthousiasmer ?!

L’Assomption a le grand désir de s’enraciner dès le début dans toutes les traditions de l’Eglise et, en même temps elle est ouverte à la modernité, aux progrès de la société, de la communication. Nous voulons recevoir cet esprit large et le transmettre sans compter.

Le 3 juin 2007, le pape Benoît XVI a inscrit au calendrier des saints Mère Marie-Eugénie de Jésus Milleret, fondatrice des Religieuses de l’Assomption. A la fois femme d’action et religieuse profondément contemplative, elle a su à son époque (au XIXe siècle) communiquer à sa communauté une impulsion qui reste vive de nos jours… Qu’est-ce qui vous touche le plus dans la vie et la pensée de la fondatrice ?

Son zèle pour la mission, son réel souci de travailler par toute sa vie à l’extension du Règne de Dieu. Dans le Notre Père, nous prions souvent : « Que ton Règne vienne. » Là aussi, nous lions prier et agir ; être et faire, sans être seule, car nous avons reçu en héritage une forte vie de communauté voulue par Marie-Eugénie.

Ainsi, les trois pôles de notre vie, aussi importants les uns que les autres, la prière, la vie de communauté, la vie apostolique, nous aident à répondre à notre vocation de Religieuses de l’Assomption. Cette vie à la suite du Christ nous rend heureuses. Magnificat !

Logo Assomption 

Laure portrait.2Soeur Laure, communauté de Lyon Gerland 

Ce qui m'a attiré à l'Assomption, c'est la vie de prière, dialogue avec Dieu, tout à tour silencieux, chanté en chœur, qui est louange, adoration, intercession, et c'est la joie des sœurs de vivre ensemble avec cette grâce particulière que chacune conservait : être soi-même avec le plus de plénitude possible.
En entrant dans cette famille religieuse, j'ai découvert comment l'amour de cette Terre, des hommes, des femmes qui y vivent, créatures aimées de Dieu, peut rendre la vie et le travail apostolique riche de joie et de possibilités. Voir la Terre comme un lieu de gloire pour Dieu à travers la louange née de la contemplation de ses œuvres, et le travail de chacun pour le bien du corps entier.
Voilà ce qui fait aujourd'hui ma vie de Religieuse de l'Assomption ! 

 

  

Christa 3Soeur Christa, communauté de Lyon Croix-Rousse 

A ma naissance, j'ai eu la chance d'être déposée dans un berceau de Foi.
Trois semaines après, le premier jour des Grandes "O", ma Grand'Mère maternelle m'a tenue sur les fonts baptismaux d'une Collégiale à laquelle je ne manque jamais d'aller rendre grâce quand j'ai la chance d'y passer.

Mon premier souvenir d'une amitié avec Jésus remonte à mes 4 ans. Maman avait l'habitude en rentrant de faire ses courses de s'arrêter pour prier dans la chapelle du Carmel, non loin de notre maison. Et je me souviens qu'elle me chuchotait à l'oreille, en m'indiquant du doigt le tabernacle, "Jésus est là". Et alors j'étais, comme elle, dans l'attitude du priant.

Il m'arrive souvent de chanter maintenant devant le Saint Sacrement les chants de ma première communion: "Jésus, mon Maître et mon Sauveur"... ou "Jésus, dans ce doux cœur à cœur" ...
Régulièrement, après le déjeuner en famille, je filais à l'école et entrais dans la chapelle, attendant l'entrée des Ursulines pour leur Office du Milieu du Jour et je séchais souvent, le Vendredi après-midi, l'un ou l'autre cours pour aller à l'Adoration et, sans savoir exactement comment prier, j'étais là, tout simplement.
C'est dans ce cadre que j'ai grandi. Le moment de ma Profession de Foi fut important et reste gravé en moi. A cette époque, chaque communiante renonçait au Mal et s'attachait à Jésus, devant l'hostie avant de communier !
Aussi pas étonnant qu'à mon renouvellement de Communion Solennelle j'ai dit un premier "Oui" à Jésus !

L'adolescence fut un moment de balançoire : tantôt, je me donnais à Dieu, dans la vie religieuse et tantôt je balançais du côté du mariage ! Et c'est vraiment, à mes 25 ans, que j'ai, délibérément, choisi de répondre à Dieu pour Lui-même.
Enseignante (virus familial) à Saint-Aignan d'Orléans, j'y suis entrée comme postulante pour répondre à deux appels : celui d'une vie contemplative à travers la Liturgie de l'Office divin et l'Adoration, d'une part, et celui de l'Enseignement-Education, d'autre part.
Peu de temps après mes premiers Vœux, notre Congrégation de Sœurs d'Orléans comptant trop peu de membres a cherché à fusionner avec un autre Institut. Les Religieuses de l'Assomption dont le but et l'esprit étaient tout proches, nous ont ouvert fraternellement leur porte. Ce fut un nouveau choix bien "pascal", à la fois, Passion et Résurrection. Et c'est avec Foi et Joie que j'ai fait Profession perpétuelle à l'Assomption.
Ainsi, une bonne quarantaine d'années de vie communautaire, toutes plus belles les unes que les autres : Joie de servir la Congrégation et, à travers elle, l'Eglise de Jésus-Christ, les Jeunes, élèves ou sœurs. Joie de témoigner que Dieu est !
Et, par là même, Joie d'inviter toutes celles et ceux que nous croisons au Bonheur que Dieu veut pour chacun(e) !

 


Marie Laure portrait.2Soeur Marie-Laure, communauté de Compiègne

Saurais-je dire oui comme toi Marie ?

C'est cette demande qui m'habitait en août 1991 lorsque je suis passée en train devant la grotte de Lourdes pour la première fois. Je venais pour une semaine de service, et je suis restée un mois, puis par la suite un an.

Tous les soirs et plutôt tard dans la nuit, je formulais cette demande « toute simple », qui impliquait chez moi un lâcher-prise à ma volonté, pour laisser Dieu être Dieu en moi, selon aussi les sept demandes de la prière du Notre-Père.

Mon "ressenti" d'enfant a rejailli : il était enfoui au fond de mon cœur et Dieu m'avait préparé le bon moment pour répondre à un appel entendu lorsque j'avais 7 ans. En 1974, après le sacrement de la réconciliation et à la veille de ma première communion, le prêtre avait dit au groupe : "Demain Jésus va se donner à chacun de vous dans l'Eucharistie, et cela durera pour toujours. Et vous, qu'allez vous lui offrir ?"

Le lendemain, je voyais les autres enfants avec des fleurs , des dessins, des bougies... mes mains étaient vides mais la joie m'habitait, car sans être parenue à la formuler toute la nuit, je savais du haut de mon jeune âge que la réponse était dans mon cœur.

Le prêtre me pose la question et je lui réponds paisiblement par deux mots "ma vie". Je me rappelle juste qu'il a pris mes deux mains dans les siennes .

Au fil du temps et ses mutations, sans jamais en reparler, il m'a portée dans la prière et a veillé sur ma croissance humaine et spirituelle, l'amitié s'est renforcée .

J'ai continué ma route par des études d'agriculture, un engagement dans le scoutisme, du bénévolat avec ATD quart-monde... et une année pour me mettre à l'école de l'Evangile (qui était dans la cour de la maison de retraite spirituelle des sœurs de l'Assomption) et de nouveau, une nuit, face à la grotte, j'ai dit OUI, et j'ai commencé mes différentes étapes pour une vie religieuse à l'Assomption.

Ce religieux était aussi présent à mes premiers vœux mais ce n'est qu'au jour de mon engagement perpétuel que nous avons fait mémoire, avec beaucoup de joie et d'émotion, de cette bonne question qu'il m'avait posée et de la belle réponse que Dieu avait mise dans mon cœur, et qu'il m'avait aidée à accomplir dans une joie et un don complets.

Ce oui est à renouveler chaque matin, et c'est ce que je fais dans la communauté à Compiègne, où je suis actuellement, et à l'Arche qui est ma mission apostolique.

Invitation à prendre soin des paroles ou des petits actes reçus, ou donnés à travers lesquels Dieu se dit et qui peuvent orienter et combler une vie. Invitation aussi à être témoin de cet immense don qu'est l'Eucharistie.


 Voeux perpétuels de soeur Amélie

 

 

 Sœur Amélie d’Aboville vient de prononcer ses vœux perpétuels ce 26 mai 2018. Voici un portrait d'elle réalisé par sœur Blandine Fougerat

D'où viens-tu Amélie, comment as-tu rencontré le Christ t'appelant à la vie religieuse et l'Assomption ?

Voilà un peu plus de 8 ans que je suis entrée chez les Religieuses de l’Assomption. J’avais alors 24 ans. Aujourd’hui, j’en ai 32.

J’ai toujours un peu de mal à dire d’où je viens car j’ai beaucoup déménagé, à cause du métier de mon père. Je suis née à Poitiers, puis j’ai déménagé en Normandie, dans plusieurs endroits et mes parents habitent depuis une dizaine d’années dans les Hauts-de-Seine.

Comment ai-je rencontré le Christ et l’Assomption à travers ma vie familiale ?

J’aime bien dire que ma vie, c’est l’histoire d’une voix.

C’est d’abord un chuchotement. Un Dieu qui est venu chuchoter à mon oreille son existence et sa suprématie, à travers l’éducation que j’ai reçue de mes parents et mes premiers contacts avec les Religieuses de l’Assomption lorsque j’avais une dizaine d’années, à Saint Gervais, dans les Alpes.

Un chuchotement qui s’est transformé en petite voix essentiellement à travers mon investissement dans le scoutisme, comme louvette, comme guide puis comme cheftaine. J’y ai découvert le sens de l’engagement en vérité devant Dieu et devant les autres ainsi que le goût pour l’éducation des plus jeunes.

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Cette petite voix s’est fait entendre de plus en plus dans mes années étudiantes grâce à mes amis et à des pèlerinages étudiants forts comme les JMJ de Rome.

A un moment donné, j’ai senti que cette voix non seulement se faisait entendre de manière plus insistante mais qu’elle devenait appelante et qu’elle attendait une réponse de ma part. Elle me disait : « Amélie, je vais avoir besoin de toi pour mon Royaume. Est-ce que tu accepterais de tout quitter pour me suivre ? »

J’ai dit non d’abord. Moi ? Religieuse ? Ne pas avoir d’enfants ? Porter une jupe toute ma vie ? Ne plus voir ma famille ? Quelle idée ! Mais, plus je refusais et plus je m’enfonçais dans une vie sans but ni sens.

J’ai fini par comprendre qu’il fallait peut-être que je réponde « oui » à cette voix que ne cessait pas de m’interpeller et de me promettre une vie en plénitude …

Pour pouvoir dire un vrai « oui », j’ai décidé de partir un an à l’étranger, avec les Religieuses de l’Assomption, pour une mission de volontariat. Je suis partie en Lituanie. Histoire de me retrouver seule pour vraiment discerner cet appel à la vie religieuse. J’ai pu faire cette expérience de la solitude au cœur de laquelle Dieu parle. Et j’ai dit « oui » !

Le 26 mai 2018, j'ai prononcé mes vœux perpétuels. C’est le fruit de ce chemin que Dieu a commencé en moi il y a quelques années. Aujourd’hui, je peux dire que je suis en train de devenir ce que j’ai toujours désiré être au plus profond de moi. L’Assomption est ce lieu qui me permet de faire jaillir ce qu’il y a de plus beau en moi, pour Dieu et pour les autres.

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Un jour tu m'as partagé ta passion d'enseigner et d'éduquer : peux-tu nous en dire plus aujourd'hui ?

J’enseigne le français depuis 3 ans dans un établissement de l’Assomption en Seine-Saint-Denis, à Bondy. J’aime ce métier. Être professeur de Lettres en Seine-Saint-Denis, c’est une vraie vocation. Ce département, si attachant mais tellement marqué par une pauvreté sociale et intellectuelle, a besoin de professeurs de français enthousiastes ! Tout mon enjeu éducatif est de montrer aux jeunes comment les mots ont plus de pouvoir que la violence et l’agressivité. Le pouvoir du Verbe contre la barbarie. J’essaye d’initier mes élèves à un univers, celui de la littérature, qui leur semble souvent inaccessible, parce qu’ils viennent d’un milieu défavorisé. Le défi est grand mais il est passionnant !

Quels sont tes sentiments à l'annonce de ton prochain départ pour l'Université de San Salvador pour des études de théologie ?

Je suis envoyée deux ans par ma Province, en Amérique centrale, au Salvador, pour faire des études de théologie, à la rentrée prochaine. Ce n’est pas banal ! Faire des études de théologie, au Salvador, en espagnol, alors que je ne parle pas un mot d’espagnol ! C’est quand même un peu fou … Pourtant, j’ai la certitude profonde que Dieu m’attend là-bas. Certes, je suis envoyée pour des études de théologie, mais pour moi, l’expérience ne s’arrête pas là uniquement. Ce sera surtout l’expérience de quitter la Province de France que j’aime tant pour découvrir une autre Province de l’Assomption dans un contexte totalement autre. Je ferai également l’apprentissage d’une nouvelle langue, c’est toujours utile pour la Congrégation internationale. Je me réjouis de cette future expérience, même si, je l’avoue, ça va être difficile de quitter ma communauté, ma famille et un métier qui me passionne …


sr BlandineA une soeur qui vient de fêter ses 60 ans de vie religieuse, que voudrais-tu dire ?

A toi, ma soeur plus avancée sur le chemin de la vie, je voudrais dire merci.

Merci, parce que c'est grâce à toi que je marche à l'Assomption aujourd'hui. C'est vous, mes soeurs aînées, qui avez, par le don de votre vie, construit l'Assomption d'hier pour que je puisse continuer de l'achever aujourd'hui et pour les générations de soeurs futures.

Merci, parce que me montre qu'une vie à la suite du Christ peut être une vie de plénitude et de joie, malgré la maladie et les événements de la vie.

Merci, parce que ton expérience de Dieu et ta sagesse m'aident à avancer sur le chemin de la foi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Jubilé des 25 de vie religieuse de soeur Véronique et soeur Sophie

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Les 15 et 16 septembre 2018, la Congrégation fêtait le jubilé des 25 ans de soeur Véronique et soeur Sophie en tant que religieuses de l'Assomption.

Découvrez ici le témoignage de soeur Véronique

"25 ans, c’est long… et c’est si peu… cela passe si vite ! Puisque vous êtes ici aujourd’hui, cela signifie que, d’une manière ou d’une autre, vous avez partagé un peu  ou beaucoup  de ce chemin. Vous êtes une de ces couleurs et de ces formes variées qui ont contribué à donner une couleur ou une forme au vitrail de mon engagement, un vitrail qui continue de se déployer… Merci pour votre présence et votre amitié fidèle.

Une expression venue de l’Afrique du Sud dit bien quelle est ma conviction aujourd’hui, après 25 ans… « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous. »

Nous nous recevons les uns des autres, à chaque instant, dans une sorte d’engendrement mutuel qui fait que l’on ne peut pas se dérober à la relation, aux relations… et que, même si elles sont toujours un appel à se dépasser, elles sont un chemin vers la vie et vers l’amour.

C’est pourquoi au moment de rendre grâce, tant de visages passent en mon cœur… comme un fil continu de l’Amour de Dieu pour moi. Tant de personnes qui ont été là au bon moment, présence providentielle qui aide à avancer.

 

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Ainsi, si l’appel de Dieu est un appel personnel, je suis heureuse de l’avoir vécu et réalisé avec d’autres, enrichie par nos différences, dans une belle collaboration et dans une communion de destin qui fait notre force. Les missions reçues, les voyages, les obstacles à surmonter, la vie de communauté, ont élargi mon univers et mon regard. Ils m’ont appris un sens de la fraternité dépassant largement les frontières et que tout contribue à nous faire grandir.

En même temps, chaque jour me conduit à découvrir davantage que l’on ne vit pas sans racines… Je rends grâce pour ce que j’ai reçu de mes parents, de ma famille… pour cette terre du Médoc qui, de mille manières, a façonné ce que je suis… Une terre faite de sable, d’eau et de vignobles… où la maturation des raisins fait accepter la lenteur des saisons… une terre « entre deux mondes », l’océan et le continent, une terre de passage et de transition…

Dans la foi, j’ai compris peu à peu que l’on vit des transformations permanentes et fécondes. Appelés à grandir, nous sommes invités à nous laisser pétrir, à devenir un peu plus ce que nous devons être sous le regard de Dieu et avec Lui. Il y a toujours un « plus » à attendre et à découvrir. En comptant sur quelques surprises qui donnent un relief de plus à la vie. J’ai appris à marcher avec la conviction que Dieu est toujours là, comme un ami fidèle et que quoi qu’il arrive, il ne lâche pas ma main. Je rends grâce pour cette présence sûre et rassurante.

 

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Comme l’évoque la citation de Marie Eugénie au dos du livret de cette célébration, nous sommes appelés à la joie, une joie qui ne se laisse pas arrêter par les contradictions ou les moments difficiles, une joie qui jaillit de l’intérieur, de la certitude d’être aimé de Dieu et de pouvoir aimer à notre tour. Maladroitement parfois mais de tout son cœur. Dans l’humble conscience de ce qu’est notre humanité, relevée et transfigurée par un Dieu qui a assumé notre condition humaine.

Parmi les nombreux motifs d’action de grâce, je voudrais aussi relever que ma route a été marquée par le goût du « silence », de la vie contemplative. J’aime parler autant que j’aime goûter le silence… car lorsqu’il nous faut – chacun à notre tour  accepter l’insécurité, l’inconnu, le déplacement, « on est partout chez soi lorsqu’on porte tout en soi » (Etty Hillesum) ; et je crois que tout se joue dans ce lieu « caché » où, sous le regard du Christ, nous apprenons à aimer. Il me semble que Marie est cette femme du silence, enracinée dans le présent et pleinement donnée à ce que Dieu attend d’elle… elle m’a appris à accueillir, à adorer, à veiller, à contempler… à dire « oui » à tout ce qui survient ou surviendra dans nos vies. Je vous invite à la prier avec ce chant italien : « Vergine del silenzio »."

 

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Texte pour la procession des offrandes – 15 septembre 2018

(Parents de Véronique portant le sable et la terre)

Au cœur d’un monde en mouvement, les racines nous rattachent à la terre… une terre qui nous donne le goût de l’humanité et de la vie simple, au rythme des saisons.

Béni sois-tu, Seigneur, pour la terre de nos racines et pour nos familles,

Béni sois-tu pour la famille de Véronique, pour ses parents, pour ses grands-parents, pour la vie et les valeurs transmises… Béni sois-tu pour l’immensité et la force de l’océan, pour la beauté des vignes et leur fruit mûr.

(Catherine Ansieau et Véronique Poutoux portant le tableau de l’onction de Béthanie)

 

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Au cœur d’un monde souvent assourdissant, le silence et l’écoute de ta Parole nous donnent d’habiter la terre de notre cœur. Ils sont la voie par laquelle nous apprenons à aimer.

Béni sois-tu, Seigneur, pour les lieux où nous aimons nous ressourcer et pour les personnes qui accompagnent nos chemins intérieurs.

Béni sois-tu pour les femmes de l’Evangile, la veuve qui offre son obole, la femme qui lave de ses larmes les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux et les parfume. Béni sois-tu pour Marie, femme du silence amoureux et contemplatif.

20180915 121119(Mickaël portant le PAEA, Marie-Ange Lafaysse et leurs deux fils)

Au cœur d’un monde offrant de multiples choix, l’éducation est un défi de chaque jour.

Béni sois-tu, Seigneur, pour tous ceux qui, à l’Assomption ou ailleurs, se donnent à cette grande tâche.

Béni sois-tu pour les écoles, les camps d’été, les centres sociaux où il est si beau de voir grandir les enfants et de les accompagner sur leur chemin vers la vie.

Béni sois-tu pour la joie de voir des jeunes devenir adultes et prendre librement leurs responsabilités.

(Sr Marie-Laure et Quitterie portant l’icône de Marie Eugénie et le livre « La Ruche et la Barque »)

Au cœur d’un monde interconnecté et globalisé, l’amitié est le chemin qui nous conduit vers des relations durables et profondes.

Béni sois-tu, Seigneur, pour nos amis, ceux que l’on rencontre souvent, comme celles et ceux qui restent fidèles, au-delà du temps et des frontières.

Béni sois-tu pour sainte Marie Eugénie et Mère Thérèse Emmanuel qui ont construit l’Assomption sur la base solide et réaliste de leur amitié.

20180915 121010(Sr Christine F. et Jean-Pierre portant la Règle de vie et une photo de Forum)

Au cœur d’un monde traversé par des expériences éphémères, la vie de communauté, vécue dans la fidélité quotidienne, est « une épiphanie de l’Amour de Dieu ».

Béni sois-tu, Seigneur, pour toutes les communautés de vie et de partage auxquelles nous appartenons.

Béni sois-tu en particulier pour les communautés où Véronique a vécu au long de ces 25 années, pour chaque sœur avec laquelle elle a partagé sa passion pour le Christ, pour la joie de l’internationalité et pour les laïcs qui entrent dans la joie de construire ensemble un chemin de fraternité.

20180915 121006Pour porter le Pain et le Vin : Sr Hélène Bureau et Sœur Véronique

Béni sois-tu pour tous ces dons qui, offerts avec le Pain et le Vin qui deviendront ton Corps et ton Sang, sont un chemin vers la vie en plénitude…

 

 

 

Voici le témoignage de soeur Sophie, dont le jubilé était célébré le 16 septembre 

"Il serait bon de n’avoir à entendre, en ce jour de célébration de jubilés, que la question de Jésus adressée à ses disciples. En effet, après un temps de vie commune avec Jésus, celui-ci pose à ses disciples une question décisive: « Qui dites-vous que je suis ? » Chacun, chacune pourrait répondre, comme Pierre, quel visage du Christ l’a attiré(e) et continue aujourd’hui de le/la séduire. Tout serait si simple et si harmonieux.

Mais il en n’est pas tout à fait ainsi et Jésus précise bien aux siens ce que veut dire le suivre de près en partageant son projet et sa destinée. Marc dit que Jésus « commença à les instruire » en leur disant qu’ils devraient souffrir beaucoup. Jésus ne dit, en réalité, rien de nouveau. Il dit quelque chose de fondamental, qui ne s’apprend que peu à peu, au fil des événements et des aléas d’une vie.

 

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Comme Pierre nous pourrions être tentés de rejeter le portrait du Fils de l’homme souffrant et nous entendre dire que notre manque d’intelligence est digne de Satan. Car à travers Pierre, le confident et l’ami, c’est bien l’adversaire qui tente de troubler Jésus. Mais l’Esprit Saint, qui le conduit, ne peut pas être détourné de son chemin : « Passe derrière-moi Satan ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » Jésus échappe à la tentation et Pierre sort de son rêve de réussite et de succès. Non seulement Jésus devra souffrir mais aussi tous ceux qui le suivent. Et Jésus de préciser alors : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qui prenne sa croix et qu’il me suive. »

Suivre Jésus est une décision libre. Mais il ne suffit pas de dire oui une fois pour toutes. Le suivre c’est d’une part renoncer aux projets contraires au royaume de Dieu et, d’autre part, accepter les souffrances qui peuvent nous arriver du fait de le suivre et de nous identifier à sa cause.

 

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La tourmente qui emporte aujourd’hui l’Église donne, toutefois, peut-être à entendre autrement les textes de ce jour et donne une certaine gravité à cette célébration. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs distants et critiques à ces dénonciations des abus de l’Église, « abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience », abus sous toutes les formes … Nous sommes cette Église qui abuse des personnes et dont les décisions sont parfois déterminées par l’objectif de régler ou faire avancer les choses, de réussir en somme. Il y a une urgence radicale à entendre à nouveau les paroles du Christ...

Le pape François, dans la lette encyclique Gaudete et exsultate, nous invite à nous laisser transformer et à continuer à faire entendre envers et contre tout le message de la bonne nouvelle du Christ : « Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine » (n° 24). Qu’il en soit ainsi pour chacun d’entre nous…"

 

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 Biographie de soeur Myriam

                                                            De l’insécurité au refuge

9782204116442 58f0a45ad7f46Dans son enfance, sœur Myriam Selz a dû se cacher, cacher ses origines juives, cacher son nom et devenir Marie Sellier durant sa scolarité. Après la guerre, elle ne pouvait s’empêcher d’être prise de tremblements lorsqu’elle entendait parler allemand.

Elle a connu de longues années d’instabilité et d’insécurité. Première division à cinq ans, avec la séparation de ses parents, départ de Paris pour Biarritz lors de l’Occupation chez des amis chrétiens de la famille, retour à Paris Paris où elle habitera avec sa mère et ses frères chez ses grands parents maternels. Myriam est refusée comme élève, à l’Institut des Sœurs de l’Assomption – Lübeck – parce que non baptisée, ses parents décident alors de confier leurs trois enfants à des religieuses pour les préparer au baptême, espérant ainsi qu’ils seront protégés des nazis. Myriam considère cet événement comme un des plus importants dans sa vie. Il faut alors, en juillet 1941, se séparer de la famille, se cacher : ce sera Megève, Cannes, Monte-Carlo et Chavagnes-en-Paillers (Vendée) sous un faux nom : Myriam devient Marie Sellier. Elle ne peut pas parler de son histoire, de ses racines, ce serait la mettre en danger. Son grand-père a été déporté et est mort à Auschwitz.

Après la Libération, elle revient à Paris. Elle a quatorze ans et entre en 4e chez les sœurs de l’Assomption, à Lübeck. Quelque chose commence à cheminer en son for intérieur, pour se confirmer un Noël 1947, lors de la messe de minuit. Il était là le refuge, elle était là l’unité : l’amour du Christ. Elle avait reçu l’appel. « J’ai compris qu’il m’avait sauvée, que j’étais libre de dire non mais que, par amour, je devais dire oui. J’ai décidé ce jour-là que je serai religieuse : ce fut l’acte le plus libre de ma vie»,  se souvient-elle.

Ses parents, juifs non pratiquants, n’avaient pas compris. Ses frères ne l’imaginaient pas tenir au couvent plus de quelques mois sans son café et sa cigarette quotidiens. Et pourtant ! La voilà, à bientôt 86 ans, riche de souvenirs et de rencontres qu’elle partage dans sa biographie.

La parole au service de l’unité

Ses premières années l’avaient confinée dans le silence, son parcours l’a poussée à parler, unir, montrer la foi par sa vision du catéchisme, unir juifs et chrétiens trop longtemps séparés par leur culture. Tout entière portée par un élan unificateur, son amour du Christ qui voit tous les êtres comme une immense famille qui s’est oubliée.

Lors de ses années en France, au Danemark, en Inde et à Jérusalem, sœur Myriam n’aura de cesse de créer des ponts entre les êtres pour que la parole soit, pour que l'âme s'affirme dans ce monde divisé pour retrouver l'unité par un meilleur vivre-ensemble. Par l’éducation, le catéchisme.

A Pune, en Inde, il lui semblait primordial d’assurer de bonnes bases pour travailler au développement global des femmes dans l’esprit de la fondatrice de la Congrégation, sainte Marie Eugénie. S’adapter à la culture indienne, respecter l’esprit et les traditions, laisser la liberté d’être pour cadrer avec fluidité et efficacité, pour que ces femmes soient fortes et transmettent cette force éclairée aux communautés qu’elles animeront. Gandhi disait : « Eduquer une femme, c’est éduquer la société ».

A Jérusalem puis de retour en France,  elle s’investit dans le dialogue interreligieux, à l’instar du cardinal Lustiger dont elle s’est inspirée.  Comme lui « juive de naissance, chrétienne par choix »,  elle choisit d’assurer le dialogue entre juifs et chrétiens, de réconcilier les visions antagonistes par l’éducation, qui dissipe les zones d’ombre et préjugés qui séparent les hommes. L’Ancien et le Nouveau Testaments sont liés, au service d’un même Dieu d’amour. Les chrétiens ne doivent pas oublier leurs « grands frères » en religion, leurs racines juives.

Comment avancer sur des bases solides lorsqu’on ne reconnaît pas ses racines ? Sœur Myriam, par la force des épreuves et des divisions qui ont caractérisé ses premières années, incarne cet élan réparateur qui s’accroche à l’essentiel. Elle ne pouvait qu’adhérer à la vision de sainte Marie Eugénie, « c’est une folie de ne pas être ce qu’on est avec le plus de plénitude possible ». Ainsi, accepter tout ce qui nous constitue et l’assumer au grand jour, comme elle a poussé les chrétiens à sortir de l’ombre par ses activités catéchétiques auprès des enfants. Ne pas se soumettre à la division, mais l’interroger, pour se plonger tout entier dans l’amour du Christ et le servir véritablement.

« C’est le propre de l’esprit de l’Assomption de laisser à chaque âme sa forme particulière, mais ce sont toujours les mêmes vertus naturelles qui doivent être le fondement de cette forme qui est propre à chacune… »

Une biographie sous forme d'entretien avec Mgr Jacques Perrier : voici le lien pour commander le livre 

Ici, le lien vers l'article paru dans "La Croix"

Et un autre paru sur le site de la Province de France

 

 

 

 

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