Anne Flore 2
Soeur Anne-Flore est parisienne et originaire du Poitou. Religieuse depuis 2002, elle vit en communauté à Paris-Lübeck. Elle accompagne les équipes pastorales, dans l'équipe de Tutelle des 15 établissements scolaires Assomption France.

Le mystère de l’Annonciation

Chez les Religieuses de l’Assomption, chaque sœur reçoit à ses premiers vœux, un mystère. J’ai reçu celui de l’Annonciation qui représente le mystère de Marie qui reçoit et qui donne la Bonne Nouvelle du Christ. J’ai la mission de recevoir le Règne parce qu’Il est déjà là, et de L’annoncer parce qu’il est à venir. Mais comment voir ce Règne déjà là et à venir ?

Un vrai défi pour le regard

C’est d’abord sur ma vie personnelle que ce regard doit porter, pour cerner le Règne déjà présent et encore à venir. Tel est le défi, car la foi se traduit particulièrement par le regard. Il s’agit de se rendre compte combien le Royaume me fait chercher les traces de Dieu en moi, dans les personnes que je rencontre, dans mon apostolat, etc. Si je sais ce qu’est la signature de Dieu dans ma vie, je peux alors la donner aux autres avec humilité et abandon car c’est Lui qui œuvre.

Avec les jeunes 

C’est ainsi qu’avec les jeunes, je suis attentive aux signes du Règne dans leur vie. Ancienne aumônière d’étudiants à Bordeaux, j’ai reçu récemment une carte d’un jeune qui vient de rentrer au séminaire en année de discernement. C’est le signe que Dieu vient à moi et m’appelle à me réjouir de cette grâce. Car ce que je vis et annonce, j’espère et je souhaite que cela fasse vivre l’autre.

Avec les petits 

Ils interpellent aussi mon regard : ce que nous faisons aux plus petits est essentiel dans cette quête du Royaume. Tous nos gestes peuvent manifester le Royaume s’ils portent l’amour de Dieu, l’attention aux frères, aux sœurs, dans le quotidien de notre vie.

À Lourdes...

L’attention aux autres se vit également à Lourdes. Le moment où nous chantons « Adveniat Regnum Tuum » à la grotte est un temps très profond en moi. C’est le lieu de la rencontre du Christ que Marie nous recommande de suivre. La pierre de la grotte peut être le signe de la solidité de ce Règne ; et la messe finale, le signe de la récolte de ce que nous avons semé pendant tout le Pèlerinage national.

À table !

Pour conclure, je pense que le Royaume de Dieu ressemble au repas, une belle image évangélique. Dans notre communauté, nous nous sommes récemment mis à fabriquer notre pain. Pour qu’il soit réussi, tous les ingrédients doivent être réunis dans la bonne proportion et dans le bon ordre. Le Royaume, c’est donc un peu comme quelque chose qui se laisse pétrir par Christ, tandis que chacun, chacune apporte sa vie en ingrédient !

 

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Laure portrait.2Soeur Laure, communauté de Bordeaux

Ce qui m'a attiré à l'Assomption, c'est la vie de prière, dialogue avec Dieu, tout à tour silencieux, chanté en chœur, qui est louange, adoration, intercession, et c'est la joie des sœurs de vivre ensemble avec cette grâce particulière que chacune conservait : être soi-même avec le plus de plénitude possible.
En entrant dans cette famille religieuse, j'ai découvert comment l'amour de cette Terre, des hommes, des femmes qui y vivent, créatures aimées de Dieu, peut rendre la vie et le travail apostolique riche de joie et de possibilités. Voir la Terre comme un lieu de gloire pour Dieu à travers la louange née de la contemplation de ses œuvres, et le travail de chacun pour le bien du corps entier.
Voilà ce qui fait aujourd'hui ma vie de Religieuse de l'Assomption ! 

 

  

Christa 3Soeur Christa, communauté d'Issoudun 

A ma naissance, j'ai eu la chance d'être déposée dans un berceau de Foi.
Mon premier souvenir d'une amitié avec Jésus remonte à mes 4 ans. Maman avait l'habitude en rentrant de faire ses courses de s'arrêter pour prier dans la chapelle du Carmel, non loin de notre maison. Et je me souviens qu'elle me chuchotait à l'oreille, en m'indiquant du doigt le tabernacle, "Jésus est là". Et alors j'étais, comme elle, dans l'attitude du priant.


Régulièrement, après le déjeuner en famille, je filais à l'école et entrais dans la chapelle, attendant l'entrée des Ursulines pour leur Office du Milieu du Jour et je séchais souvent, le Vendredi après-midi, l'un ou l'autre cours pour aller à l'Adoration et, sans savoir exactement comment prier, j'étais là, tout simplement.
C'est dans ce cadre que j'ai grandi. Le moment de ma Profession de Foi fut important et reste gravé en moi. A cette époque, chaque communiante renonçait au Mal et s'attachait à Jésus, devant l'hostie avant de communier !
Aussi pas étonnant qu'à mon renouvellement de Communion solennelle j'ai dit un premier "Oui" à Jésus !

L'adolescence fut un moment de balançoire : tantôt, je me donnais à Dieu, dans la vie religieuse et tantôt je balançais du côté du mariage ! Et c'est vraiment, à mes 25 ans, que j'ai, délibérément, choisi de répondre à Dieu pour Lui-même.
Enseignante (virus familial) à Saint-Aignan d'Orléans, j'y suis entrée comme postulante pour répondre à deux appels : celui d'une vie contemplative à travers la Liturgie de l'Office divin et l'Adoration, d'une part, et celui de l'Enseignement-Education, d'autre part.

Ainsi, une bonne quarantaine d'années de vie communautaire, toutes plus belles les unes que les autres : Joie de servir la Congrégation et, à travers elle, l'Eglise de Jésus-Christ, les Jeunes, élèves ou sœurs. Joie de témoigner que Dieu est !
Et, par là même, Joie d'inviter toutes celles et ceux que nous croisons au Bonheur que Dieu veut pour chacun(e) !

 


DSC 0009 2Soeur Marie-Laure, communauté de Montpellier

Saurais-je dire oui comme toi Marie ?

C'est cette demande qui m'habitait en août 1991 lorsque je suis passée en train devant la grotte de Lourdes pour la première fois. Je venais pour une semaine de service, et je suis restée un mois, puis par la suite un an.

Tous les soirs et plutôt tard dans la nuit, je formulais cette demande « toute simple », qui impliquait chez moi un lâcher-prise à ma volonté, pour laisser Dieu être Dieu en moi, selon aussi les sept demandes de la prière du Notre-Père.

Mon "ressenti" d'enfant a rejailli : il était enfoui au fond de mon cœur et Dieu m'avait préparé le bon moment pour répondre à un appel entendu lorsque j'avais 7 ans. En 1974, après le sacrement de la réconciliation et à la veille de ma première communion, le prêtre avait dit au groupe : "Demain Jésus va se donner à chacun de vous dans l'Eucharistie, et cela durera pour toujours. Et vous, qu'allez vous lui offrir ?"

Le lendemain, je voyais les autres enfants avec des fleurs , des dessins, des bougies... mes mains étaient vides mais la joie m'habitait, car sans être parenue à la formuler toute la nuit, je savais du haut de mon jeune âge que la réponse était dans mon cœur.

Le prêtre me pose la question et je lui réponds paisiblement par deux mots "ma vie". Je me rappelle juste qu'il a pris mes deux mains dans les siennes .

Au fil du temps et ses mutations, sans jamais en reparler, il m'a portée dans la prière et a veillé sur ma croissance humaine et spirituelle, l'amitié s'est renforcée .

J'ai continué ma route par des études d'agriculture, un engagement dans le scoutisme, du bénévolat avec ATD quart-monde... et une année pour me mettre à l'école de l'Evangile (qui était dans la cour de la maison de retraite spirituelle des sœurs de l'Assomption) et de nouveau, une nuit, face à la grotte, j'ai dit OUI, et j'ai commencé mes différentes étapes pour une vie religieuse à l'Assomption.

Ce religieux était aussi présent à mes premiers vœux mais ce n'est qu'au jour de mon engagement perpétuel que nous avons fait mémoire, avec beaucoup de joie et d'émotion, de cette bonne question qu'il m'avait posée et de la belle réponse que Dieu avait mise dans mon cœur, et qu'il m'avait aidée à accomplir dans une joie et un don complets.

Ce oui est à renouveler chaque matin, et c'est ce que je fais dans la communauté à Compiègne, où je suis actuellement, et à l'Arche qui est ma mission apostolique.

Invitation à prendre soin des paroles ou des petits actes reçus, ou donnés à travers lesquels Dieu se dit et qui peuvent orienter et combler une vie. Invitation aussi à être témoin de cet immense don qu'est l'Eucharistie.

 

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Soeur Myriam, communauté de Montpellier

Dans son enfance, sœur Myriam Selz a dû se cacher, cacher ses origines juives, cacher son nom et devenir Marie Sellier durant sa scolarité. Après la guerre, elle ne pouvait s’empêcher d’être prise de tremblements lorsqu’elle entendait parler allemand.

Après la Libération, elle revient à Paris. Elle a quatorze ans et quelque chose commence à cheminer en son for intérieur, pour se confirmer un Noël 1947, lors de la messe de minuit. Elle avait reçu l’appel. « J’ai compris qu’il m’avait sauvée, que j’étais libre de dire non mais que, par amour, je devais dire oui. J’ai décidé ce jour-là que je serai religieuse : ce fut l’acte le plus libre de ma vie »,  se souvient-elle.

Ses premières années l’avaient confinée dans le silence, son parcours l’a poussée à parler, unir, montrer la foi par sa vision du catéchisme, unir juifs et chrétiens trop longtemps séparés par leur culture. Tout entière portée par un élan unificateur, son amour du Christ qui voit tous les êtres comme une immense famille qui s’est oubliée.

Lors de ses années en France, au Danemark, en Inde et à Jérusalem, sœur Myriam n’aura de cesse de créer des ponts entre les êtres pour que la parole soit, pour que l'âme s'affirme dans ce monde divisé pour retrouver l'unité par un meilleur vivre-ensemble. Par l’éducation, le catéchisme.

Comment avancer sur des bases solides lorsqu’on ne reconnaît pas ses racines ? Sœur Myriam, par la force des épreuves et des divisions qui ont caractérisé ses premières années, incarne cet élan réparateur qui s’accroche à l’essentiel. Elle ne pouvait qu’adhérer à la vision de sainte Marie Eugénie, « c’est une folie de ne pas être ce qu’on est avec le plus de plénitude possible ». Ainsi, accepter tout ce qui nous constitue et l’assumer au grand jour, comme elle a poussé les chrétiens à sortir de l’ombre par ses activités catéchétiques auprès des enfants. Ne pas se soumettre à la division, mais l’interroger, pour se plonger tout entier dans l’amour du Christ et le servir véritablement.

Sa biographie Fille de Jérusalem - Ma passion pour l'unité, éditions du Cerf, 2017.


 Voeux perpétuels de soeur Amélie

 

 

Sœur Amélie d’Aboville a prononcé ses vœux perpétuels le 26 mai 2018. Voici un portrait d'elle réalisé par sœur Blandine Fougerat.

D'où viens-tu Amélie, comment as-tu rencontré le Christ t'appelant à la vie religieuse et l'Assomption ?

Voilà un peu plus de 8 ans que je suis entrée chez les Religieuses de l’Assomption. J’avais alors 24 ans. Aujourd’hui, j’en ai 32.

J’ai toujours un peu de mal à dire d’où je viens car j’ai beaucoup déménagé, à cause du métier de mon père. Je suis née à Poitiers, puis j’ai déménagé en Normandie, dans plusieurs endroits et mes parents habitent depuis une dizaine d’années dans les Hauts-de-Seine.

Comment ai-je rencontré le Christ et l’Assomption à travers ta vie familiale ?

J’aime bien dire que ma vie, c’est l’histoire d’une voix.

C’est d’abord un chuchotement. Un Dieu qui est venu chuchoter à mon oreille son existence et sa suprématie, à travers l’éducation que j’ai reçue de mes parents et mes premiers contacts avec les Religieuses de l’Assomption lorsque j’avais une dizaine d’années, à Saint Gervais, dans les Alpes.

Un chuchotement qui s’est transformé en petite voix essentiellement à travers mon investissement dans le scoutisme, comme louvette, comme guide puis comme cheftaine. J’y ai découvert le sens de l’engagement en vérité devant Dieu et devant les autres ainsi que le goût pour l’éducation des plus jeunes.

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Cette petite voix s’est fait entendre de plus en plus dans mes années étudiantes grâce à mes amis et à des pèlerinages étudiants forts comme les JMJ de Rome.

A un moment donné, j’ai senti que cette voix non seulement se faisait entendre de manière plus insistante mais qu’elle devenait appelante et qu’elle attendait une réponse de ma part. Elle me disait : « Amélie, je vais avoir besoin de toi pour mon Royaume. Est-ce que tu accepterais de tout quitter pour me suivre ? »

J’ai dit non d’abord. Moi ? Religieuse ? Ne pas avoir d’enfants ? Porter une jupe toute ma vie ? Ne plus voir ma famille ? Quelle idée ! Mais, plus je refusais et plus je m’enfonçais dans une vie sans but ni sens.

J’ai fini par comprendre qu’il fallait peut-être que je réponde « oui » à cette voix que ne cessait pas de m’interpeller et de me promettre une vie en plénitude …

Pour pouvoir dire un vrai « oui », j’ai décidé de partir un an à l’étranger, avec les Religieuses de l’Assomption, pour une mission de volontariat. Je suis partie en Lituanie. Histoire de me retrouver seule pour vraiment discerner cet appel à la vie religieuse. J’ai pu faire cette expérience de la solitude au cœur de laquelle Dieu parle. Et j’ai dit « oui » !

Le 26 mai 2018, j'ai prononcé mes vœux perpétuels. C’est le fruit de ce chemin que Dieu a commencé en moi il y a quelques années. Aujourd’hui, je peux dire que je suis en train de devenir ce que j’ai toujours désiré être au plus profond de moi. L’Assomption est ce lieu qui me permet de faire jaillir ce qu’il y a de plus beau en moi, pour Dieu et pour les autres.

 

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Un jour tu m'as partagé ta passion d'enseigner et d'éduquer : peux-tu nous en dire plus aujourd'hui ?

J’enseigne le français depuis 3 ans dans un établissement de l’Assomption en Seine-Saint-Denis, à Bondy. J’aime ce métier. Être professeur de Lettres en Seine-Saint-Denis, c’est une vraie vocation. Ce département, si attachant mais tellement marqué par une pauvreté sociale et intellectuelle, a besoin de professeurs de français enthousiastes ! Tout mon enjeu éducatif est de montrer aux jeunes comment les mots ont plus de pouvoir que la violence et l’agressivité. Le pouvoir du Verbe contre la barbarie. J’essaye d’initier mes élèves à un univers, celui de la littérature, qui leur semble souvent inaccessible, parce qu’ils viennent d’un milieu défavorisé. Le défi est grand mais il est passionnant !

Quels sont tes sentiments à l'annonce de ton prochain départ pour l'Université de San Salvador pour des études de théologie ?

Je suis envoyée deux ans par ma Province, en Amérique centrale, au Salvador, pour faire des études de théologie, à la rentrée prochaine. Ce n’est pas banal ! Faire des études de théologie, au Salvador, en espagnol, alors que je ne parle pas un mot d’espagnol ! C’est quand même un peu fou … Pourtant, j’ai la certitude profonde que Dieu m’attend là-bas. Certes, je suis envoyée pour des études de théologie, mais pour moi, l’expérience ne s’arrête pas là uniquement. Ce sera surtout l’expérience de quitter la Province de France que j’aime tant pour découvrir une autre Province de l’Assomption dans un contexte totalement autre. Je ferai également l’apprentissage d’une nouvelle langue, c’est toujours utile pour la Congrégation internationale. Je me réjouis de cette future expérience, même si, je l’avoue, ça va être difficile de quitter ma communauté, ma famille et un métier qui me passionne …


sr Blandine

À une soeur qui vient de fêter ses 60 ans de vie religieuse, que voudrais-tu dire ?

À toi, ma soeur plus avancée sur le chemin de la vie, je voudrais dire merci.

Merci, parce que c'est grâce à toi que je marche à l'Assomption aujourd'hui. C'est vous, mes soeurs aînées, qui avez, par le don de votre vie, construit l'Assomption d'hier pour que je puisse continuer de l'achever aujourd'hui et pour les générations de soeurs futures.

Merci, parce que me montre qu'une vie à la suite du Christ peut être une vie de plénitude et de joie, malgré la maladie et les événements de la vie.

Merci, parce que ton expérience de Dieu et ta sagesse m'aident à avancer sur le chemin de la foi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Jubilé des 25 de vie religieuse de soeur Véronique et soeur Sophie

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Les 15 et 16 septembre 2018, la Congrégation fêtait le jubilé des 25 ans de soeur Véronique et soeur Sophie en tant que religieuses de l'Assomption.

Découvrez ici le témoignage de soeur Véronique

"25 ans, c’est long… et c’est si peu… cela passe si vite ! Puisque vous êtes ici aujourd’hui, cela signifie que, d’une manière ou d’une autre, vous avez partagé un peu  ou beaucoup  de ce chemin. Vous êtes une de ces couleurs et de ces formes variées qui ont contribué à donner une couleur ou une forme au vitrail de mon engagement, un vitrail qui continue de se déployer… Merci pour votre présence et votre amitié fidèle.

Une expression venue de l’Afrique du Sud dit bien quelle est ma conviction aujourd’hui, après 25 ans… « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous. »

Nous nous recevons les uns des autres, à chaque instant, dans une sorte d’engendrement mutuel qui fait que l’on ne peut pas se dérober à la relation, aux relations… et que, même si elles sont toujours un appel à se dépasser, elles sont un chemin vers la vie et vers l’amour.

C’est pourquoi au moment de rendre grâce, tant de visages passent en mon cœur… comme un fil continu de l’Amour de Dieu pour moi. Tant de personnes qui ont été là au bon moment, présence providentielle qui aide à avancer.

 

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Ainsi, si l’appel de Dieu est un appel personnel, je suis heureuse de l’avoir vécu et réalisé avec d’autres, enrichie par nos différences, dans une belle collaboration et dans une communion de destin qui fait notre force. Les missions reçues, les voyages, les obstacles à surmonter, la vie de communauté, ont élargi mon univers et mon regard. Ils m’ont appris un sens de la fraternité dépassant largement les frontières et que tout contribue à nous faire grandir.

En même temps, chaque jour me conduit à découvrir davantage que l’on ne vit pas sans racines… Je rends grâce pour ce que j’ai reçu de mes parents, de ma famille… pour cette terre du Médoc qui, de mille manières, a façonné ce que je suis… Une terre faite de sable, d’eau et de vignobles… où la maturation des raisins fait accepter la lenteur des saisons… une terre « entre deux mondes », l’océan et le continent, une terre de passage et de transition…

Dans la foi, j’ai compris peu à peu que l’on vit des transformations permanentes et fécondes. Appelés à grandir, nous sommes invités à nous laisser pétrir, à devenir un peu plus ce que nous devons être sous le regard de Dieu et avec Lui. Il y a toujours un « plus » à attendre et à découvrir. En comptant sur quelques surprises qui donnent un relief de plus à la vie. J’ai appris à marcher avec la conviction que Dieu est toujours là, comme un ami fidèle et que quoi qu’il arrive, il ne lâche pas ma main. Je rends grâce pour cette présence sûre et rassurante.

 

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Comme l’évoque la citation de Marie Eugénie au dos du livret de cette célébration, nous sommes appelés à la joie, une joie qui ne se laisse pas arrêter par les contradictions ou les moments difficiles, une joie qui jaillit de l’intérieur, de la certitude d’être aimé de Dieu et de pouvoir aimer à notre tour. Maladroitement parfois mais de tout son cœur. Dans l’humble conscience de ce qu’est notre humanité, relevée et transfigurée par un Dieu qui a assumé notre condition humaine.

Parmi les nombreux motifs d’action de grâce, je voudrais aussi relever que ma route a été marquée par le goût du « silence », de la vie contemplative. J’aime parler autant que j’aime goûter le silence… car lorsqu’il nous faut – chacun à notre tour  accepter l’insécurité, l’inconnu, le déplacement, « on est partout chez soi lorsqu’on porte tout en soi » (Etty Hillesum) ; et je crois que tout se joue dans ce lieu « caché » où, sous le regard du Christ, nous apprenons à aimer. Il me semble que Marie est cette femme du silence, enracinée dans le présent et pleinement donnée à ce que Dieu attend d’elle… elle m’a appris à accueillir, à adorer, à veiller, à contempler… à dire « oui » à tout ce qui survient ou surviendra dans nos vies. Je vous invite à la prier avec ce chant italien : « Vergine del silenzio »."

 

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Texte pour la procession des offrandes – 15 septembre 2018

(Parents de Véronique portant le sable et la terre)

Au cœur d’un monde en mouvement, les racines nous rattachent à la terre… une terre qui nous donne le goût de l’humanité et de la vie simple, au rythme des saisons.

Béni sois-tu, Seigneur, pour la terre de nos racines et pour nos familles,

Béni sois-tu pour la famille de Véronique, pour ses parents, pour ses grands-parents, pour la vie et les valeurs transmises… Béni sois-tu pour l’immensité et la force de l’océan, pour la beauté des vignes et leur fruit mûr.

(Catherine Ansieau et Véronique Poutoux portant le tableau de l’onction de Béthanie)

 

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Au cœur d’un monde souvent assourdissant, le silence et l’écoute de ta Parole nous donnent d’habiter la terre de notre cœur. Ils sont la voie par laquelle nous apprenons à aimer.

Béni sois-tu, Seigneur, pour les lieux où nous aimons nous ressourcer et pour les personnes qui accompagnent nos chemins intérieurs.

Béni sois-tu pour les femmes de l’Evangile, la veuve qui offre son obole, la femme qui lave de ses larmes les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux et les parfume. Béni sois-tu pour Marie, femme du silence amoureux et contemplatif.

20180915 121119(Mickaël portant le PAEA, Marie-Ange Lafaysse et leurs deux fils)

Au cœur d’un monde offrant de multiples choix, l’éducation est un défi de chaque jour.

Béni sois-tu, Seigneur, pour tous ceux qui, à l’Assomption ou ailleurs, se donnent à cette grande tâche.

Béni sois-tu pour les écoles, les camps d’été, les centres sociaux où il est si beau de voir grandir les enfants et de les accompagner sur leur chemin vers la vie.

Béni sois-tu pour la joie de voir des jeunes devenir adultes et prendre librement leurs responsabilités.

(Sr Marie-Laure et Quitterie portant l’icône de Marie Eugénie et le livre « La Ruche et la Barque »)

Au cœur d’un monde interconnecté et globalisé, l’amitié est le chemin qui nous conduit vers des relations durables et profondes.

Béni sois-tu, Seigneur, pour nos amis, ceux que l’on rencontre souvent, comme celles et ceux qui restent fidèles, au-delà du temps et des frontières.

Béni sois-tu pour sainte Marie Eugénie et Mère Thérèse Emmanuel qui ont construit l’Assomption sur la base solide et réaliste de leur amitié.

20180915 121010(Sr Christine F. et Jean-Pierre portant la Règle de vie et une photo de Forum)

Au cœur d’un monde traversé par des expériences éphémères, la vie de communauté, vécue dans la fidélité quotidienne, est « une épiphanie de l’Amour de Dieu ».

Béni sois-tu, Seigneur, pour toutes les communautés de vie et de partage auxquelles nous appartenons.

Béni sois-tu en particulier pour les communautés où Véronique a vécu au long de ces 25 années, pour chaque sœur avec laquelle elle a partagé sa passion pour le Christ, pour la joie de l’internationalité et pour les laïcs qui entrent dans la joie de construire ensemble un chemin de fraternité.

20180915 121006Pour porter le Pain et le Vin : Sr Hélène Bureau et Sœur Véronique

Béni sois-tu pour tous ces dons qui, offerts avec le Pain et le Vin qui deviendront ton Corps et ton Sang, sont un chemin vers la vie en plénitude…

 

 

 

Voici le témoignage de soeur Sophie, dont le jubilé était célébré le 16 septembre 

"Il serait bon de n’avoir à entendre, en ce jour de célébration de jubilés, que la question de Jésus adressée à ses disciples. En effet, après un temps de vie commune avec Jésus, celui-ci pose à ses disciples une question décisive: « Qui dites-vous que je suis ? » Chacun, chacune pourrait répondre, comme Pierre, quel visage du Christ l’a attiré(e) et continue aujourd’hui de le/la séduire. Tout serait si simple et si harmonieux.

Mais il en n’est pas tout à fait ainsi et Jésus précise bien aux siens ce que veut dire le suivre de près en partageant son projet et sa destinée. Marc dit que Jésus « commença à les instruire » en leur disant qu’ils devraient souffrir beaucoup. Jésus ne dit, en réalité, rien de nouveau. Il dit quelque chose de fondamental, qui ne s’apprend que peu à peu, au fil des événements et des aléas d’une vie.

 

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Comme Pierre nous pourrions être tentés de rejeter le portrait du Fils de l’homme souffrant et nous entendre dire que notre manque d’intelligence est digne de Satan. Car à travers Pierre, le confident et l’ami, c’est bien l’adversaire qui tente de troubler Jésus. Mais l’Esprit Saint, qui le conduit, ne peut pas être détourné de son chemin : « Passe derrière-moi Satan ! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » Jésus échappe à la tentation et Pierre sort de son rêve de réussite et de succès. Non seulement Jésus devra souffrir mais aussi tous ceux qui le suivent. Et Jésus de préciser alors : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qui prenne sa croix et qu’il me suive. »

Suivre Jésus est une décision libre. Mais il ne suffit pas de dire oui une fois pour toutes. Le suivre c’est d’une part renoncer aux projets contraires au royaume de Dieu et, d’autre part, accepter les souffrances qui peuvent nous arriver du fait de le suivre et de nous identifier à sa cause.

 

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La tourmente qui emporte aujourd’hui l’Église donne, toutefois, peut-être à entendre autrement les textes de ce jour et donne une certaine gravité à cette célébration. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs distants et critiques à ces dénonciations des abus de l’Église, « abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience », abus sous toutes les formes … Nous sommes cette Église qui abuse des personnes et dont les décisions sont parfois déterminées par l’objectif de régler ou faire avancer les choses, de réussir en somme. Il y a une urgence radicale à entendre à nouveau les paroles du Christ...

Le pape François, dans la lette encyclique Gaudete et exsultate, nous invite à nous laisser transformer et à continuer à faire entendre envers et contre tout le message de la bonne nouvelle du Christ : « Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine » (n° 24). Qu’il en soit ainsi pour chacun d’entre nous…"

 

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