Anne FloreSœur Anne-Flore, de la communauté d'Orléans, au sujet de sa profession perpétuelle 

 

Sœur Anne-Flore, vous venez donc de prononcer, début décembre, vos vœux perpétuels en l’église Saint-Pierre de Bordeaux. Pouvez-vous nous préciser les principaux moments de cette importante célébration ?

Est-il indiscret de vous demander comment vous est venue votre vocation de religieuse ?

L’appel de Dieu m’a rejointe à 3000 km ! J’ai passé une année scolaire au Bénin, à Abomey dans un dispensaire tenu par les sœurs de l’Assomption. Je partageais la vie et le travail des sœurs sans penser que je serais moi-même un jour religieuse.

Et quand êtes-vous « entrée » dans la Congrégation des Religieuses de l’Assomption ?

En 2002, a commencé mon chemin à l’Assomption : postulat, noviciat, premiers vœux. L’Eglise manifeste de la sagesse en laissant du temps entre les engagements et en demandant de les renouveler jusqu’à aujourd’hui. Cinq ans ont passé à la suite du Christ et dans mon engagement au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

J’ai reçu l’habit en entrant au noviciat en novembre 2003 ; la croix de la Congrégation, la Règle de Vie des Religieuses de l’Assomption et le voile aux premiers vœux le 25 juin 2005 ; et en ce 4 décembre, l’alliance, signe de mon « oui » pour toujours, jusqu’à la mort au Christ qui m’a appelée à Le suivre de plus près.

Anne Flore alliancePourquoi avez-vous choisi cette Congrégation ? Faites-nous découvrir ses particularités, sa spiritualité, son charisme !

J’ai été attirée par la forme de vie des sœurs : elles mènent une vie contemplative (prière de l’Office de l’Eglise, cinq fois par jour, prière personnelle deux fois par jour, Adoration eucharistique, le face-à-face avec Jésus présent dans l’Eucharistie, messe et lecture spirituelle) et l’allient à une vie apostolique. Le charisme de la Congrégation est l’éducation dans tous les domaines et pas seulement dans une institution scolaire. Nous cherchons à développer les valeurs humaines en toute personne (la droiture, le courage…). Cela passe par l’école, oui, mais aussi dans un dispensaire à la ville ou dans les villages… dans les relations,  « l’écoute » qui aide à trouver le positif, le sens de Dieu, du bien, du beau, du vrai.

Vos études universitaires vous orientaient plutôt vers le monde de la recherche et de la santé… Et toute jeune religieuse vous avez vécu une expérience éprouvante et enrichissante à la fois dans un dispensaire d’Afrique.

Il y a plus de joie à recevoir qu’à donner ; d’abord, je suis partie pour partager ma petite expérience au cœur du laboratoire d’un dispensaire à la limite ville/brousse. J’ai très vite diversifié mes services : chauffeur, comptable, aides diverses et beaucoup de rencontres de familles, de malades. J’ai beaucoup reçu de leur joie de vivre au-delà des difficultés, parfois rudes, auxquelles ils se heurtent, de leur confiance en Dieu quoi qu’il arrive !

Anne Flore prosternationDe retour en France, cet appel du Christ, comment le vivez-vous au quotidien ? Auprès de vos sœurs, des laïcs investis dans l’éducation et l’Eglise et auprès des jeunes... L’éventail est large, entre les tout-petits de l’école et les plus grands du Lycée de l’Assomption à Bordeaux et au Lycée Sans Frontières à Pessac et les étudiants de l’aumônerie de la Paillère, à Pessac !

Au fond, ce qui me plaisait beaucoup avec les malades, c’est le contact, les relations, les échanges, c’est toujours le cœur de ma mission des plus petits aux plus grands.

Au moment où nous prononçons nos premiers vœux, nous choisissons un mystère et, pour moi, ce fut l’Annonciation. Marie a reçu l’annonce de la venue du Seigneur et elle s’est rendu disponible, accueillante, totalement donnée à Celui qu’elle recevait. Mais Marie n’a pas gardé cette annonce pour elle, elle a couru chez Elisabeth. Elle est totalement donnée à tous, sans compter, pour toujours.

Le dynamisme de l’Assomption vous fait participer en France et à l’étranger à des Congrès et des formations, vous fait rencontrer des intervenants d’exception, ce qui permet de progresser au niveau de la Foi, de la mission apostolique, de la communication avec l’autre... Cela doit vous enthousiasmer ?!

L’Assomption a le grand désir de s’enraciner dès le début dans toutes les traditions de l’Eglise et, en même temps elle est ouverte à la modernité, aux progrès de la société, de la communication. Nous voulons recevoir cet esprit large et le transmettre sans compter.

Le 3 juin 2007, le pape Benoît XVI a inscrit au calendrier des saints Mère Marie-Eugénie de Jésus Milleret, fondatrice des Religieuses de l’Assomption. A la fois femme d’action et religieuse profondément contemplative, elle a su à son époque (au XIXe siècle) communiquer à sa communauté une impulsion qui reste vive de nos jours… Qu’est-ce qui vous touche le plus dans la vie et la pensée de la fondatrice ?

Son zèle pour la mission, son réel souci de travailler par toute sa vie à l’extension du Règne de Dieu. Dans le Notre Père, nous prions souvent : « Que ton Règne vienne. » Là aussi, nous lions prier et agir ; être et faire, sans être seule, car nous avons reçu en héritage une forte vie de communauté voulue par Marie-Eugénie.

Ainsi, les trois pôles de notre vie, aussi importants les uns que les autres, la prière, la vie de communauté, la vie apostolique, nous aident à répondre à notre vocation de Religieuses de l’Assomption. Cette vie à la suite du Christ nous rend heureuses. Magnificat !

Logo Assomption 

Laure portrait.2Soeur Laure, communauté de Lyon Gerland 

Ce qui m'a attiré à l'Assomption, c'est la vie de prière, dialogue avec Dieu, tout à tour silencieux, chanté en chœur, qui est louange, adoration, intercession, et c'est la joie des sœurs de vivre ensemble avec cette grâce particulière que chacune conservait : être soi-même avec le plus de plénitude possible.
En entrant dans cette famille religieuse, j'ai découvert comment l'amour de cette Terre, des hommes, des femmes qui y vivent, créatures aimées de Dieu, peut rendre la vie et le travail apostolique riche de joie et de possibilités. Voir la Terre comme un lieu de gloire pour Dieu à travers la louange née de la contemplation de ses œuvres, et le travail de chacun pour le bien du corps entier.
Voilà ce qui fait aujourd'hui ma vie de Religieuse de l'Assomption ! 

 

  

Christa 3Soeur Christa, communauté de Lyon Croix-Rousse 

A ma naissance, j'ai eu la chance d'être déposée dans un berceau de Foi.
Trois semaines après, le premier jour des Grandes "O", ma Grand'Mère maternelle m'a tenue sur les fonts baptismaux d'une Collégiale à laquelle je ne manque jamais d'aller rendre grâce quand j'ai la chance d'y passer.

Mon premier souvenir d'une amitié avec Jésus remonte à mes 4 ans. Maman avait l'habitude en rentrant de faire ses courses de s'arrêter pour prier dans la chapelle du Carmel, non loin de notre maison. Et je me souviens qu'elle me chuchotait à l'oreille, en m'indiquant du doigt le tabernacle, "Jésus est là". Et alors j'étais, comme elle, dans l'attitude du priant.

Il m'arrive souvent de chanter maintenant devant le Saint Sacrement les chants de ma première communion: "Jésus, mon Maître et mon Sauveur"... ou "Jésus, dans ce doux cœur à cœur" ...
Régulièrement, après le déjeuner en famille, je filais à l'école et entrais dans la chapelle, attendant l'entrée des Ursulines pour leur Office du Milieu du Jour et je séchais souvent, le Vendredi après-midi, l'un ou l'autre cours pour aller à l'Adoration et, sans savoir exactement comment prier, j'étais là, tout simplement.
C'est dans ce cadre que j'ai grandi. Le moment de ma Profession de Foi fut important et reste gravé en moi. A cette époque, chaque communiante renonçait au Mal et s'attachait à Jésus, devant l'hostie avant de communier !
Aussi pas étonnant qu'à mon renouvellement de Communion Solennelle j'ai dit un premier "Oui" à Jésus !

L'adolescence fut un moment de balançoire : tantôt, je me donnais à Dieu, dans la vie religieuse et tantôt je balançais du côté du mariage ! Et c'est vraiment, à mes 25 ans, que j'ai, délibérément, choisi de répondre à Dieu pour Lui-même.
Enseignante (virus familial) à Saint-Aignan d'Orléans, j'y suis entrée comme postulante pour répondre à deux appels : celui d'une vie contemplative à travers la Liturgie de l'Office divin et l'Adoration, d'une part, et celui de l'Enseignement-Education, d'autre part.
Peu de temps après mes premiers Vœux, notre Congrégation de Sœurs d'Orléans comptant trop peu de membres a cherché à fusionner avec un autre Institut. Les Religieuses de l'Assomption dont le but et l'esprit étaient tout proches, nous ont ouvert fraternellement leur porte. Ce fut un nouveau choix bien "pascal", à la fois, Passion et Résurrection. Et c'est avec Foi et Joie que j'ai fait Profession perpétuelle à l'Assomption.
Ainsi, une bonne quarantaine d'années de vie communautaire, toutes plus belles les unes que les autres : Joie de servir la Congrégation et, à travers elle, l'Eglise de Jésus-Christ, les Jeunes, élèves ou sœurs. Joie de témoigner que Dieu est !
Et, par là même, Joie d'inviter toutes celles et ceux que nous croisons au Bonheur que Dieu veut pour chacun(e) !

 


Marie Laure portrait.2Soeur Marie-Laure, communauté de Compiègne

Saurais-je dire oui comme toi Marie ?

C'est cette demande qui m'habitait en août 1991 lorsque je suis passée en train devant la grotte de Lourdes pour la première fois. Je venais pour une semaine de service, et je suis restée un mois, puis par la suite un an.

Tous les soirs et plutôt tard dans la nuit, je formulais cette demande « toute simple », qui impliquait chez moi un lâcher-prise à ma volonté, pour laisser Dieu être Dieu en moi, selon aussi les sept demandes de la prière du Notre-Père.

Mon "ressenti" d'enfant a rejailli : il était enfoui au fond de mon cœur et Dieu m'avait préparé le bon moment pour répondre à un appel entendu lorsque j'avais 7 ans. En 1974, après le sacrement de la réconciliation et à la veille de ma première communion, le prêtre avait dit au groupe : "Demain Jésus va se donner à chacun de vous dans l'Eucharistie, et cela durera pour toujours. Et vous, qu'allez vous lui offrir ?"

Le lendemain, je voyais les autres enfants avec des fleurs , des dessins, des bougies... mes mains étaient vides mais la joie m'habitait, car sans être parenue à la formuler toute la nuit, je savais du haut de mon jeune âge que la réponse était dans mon cœur.

Le prêtre me pose la question et je lui réponds paisiblement par deux mots "ma vie". Je me rappelle juste qu'il a pris mes deux mains dans les siennes .

Au fil du temps et ses mutations, sans jamais en reparler, il m'a portée dans la prière et a veillé sur ma croissance humaine et spirituelle, l'amitié s'est renforcée .

J'ai continué ma route par des études d'agriculture, un engagement dans le scoutisme, du bénévolat avec ATD quart-monde... et une année pour me mettre à l'école de l'Evangile (qui était dans la cour de la maison de retraite spirituelle des sœurs de l'Assomption) et de nouveau, une nuit, face à la grotte, j'ai dit OUI, et j'ai commencé mes différentes étapes pour une vie religieuse à l'Assomption.

Ce religieux était aussi présent à mes premiers vœux mais ce n'est qu'au jour de mon engagement perpétuel que nous avons fait mémoire, avec beaucoup de joie et d'émotion, de cette bonne question qu'il m'avait posée et de la belle réponse que Dieu avait mise dans mon cœur, et qu'il m'avait aidée à accomplir dans une joie et un don complets.

Ce oui est à renouveler chaque matin, et c'est ce que je fais dans la communauté à Compiègne, où je suis actuellement, et à l'Arche qui est ma mission apostolique.

Invitation à prendre soin des paroles ou des petits actes reçus, ou donnés à travers lesquels Dieu se dit et qui peuvent orienter et combler une vie. Invitation aussi à être témoin de cet immense don qu'est l'Eucharistie.

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