Rencontre sur le thème de l'internationalité à l'Assomption - Lyon, mars 2018

Le samedi 3 mars 2018, au centre spirituel En-Guédi de Lyon, une belle rencontre a eu lieu sur le thème de l'internationalité à l'Assomption. Soeur Isabelle, responsable de la Province de France, était présente et a débuté la conférence en développant la notion d'internationalité comme fondation de la Congrégation. Diane Martinez, récemment revenue d'une année au Guatemala en tant qu'AMA et jeune professeure d'espagnol, nous a fait part de son expérience. Enfin, Richard Grille, directeur du lycée Assomption-Bellevue à Lyon, lui a succédé par la démonstration des diverses initiatives orientées vers les échanges et le développement de la conscience des jeunes par le contact avec d'autres cultures.  

 

 

L'internationalité est une réalité des premiers pas de l'Assomption. Sainte Marie Eugénie parlait français et allemand, ses racines familiales mêlant Belgique, Italie et Luxembourg. La toute première communauté, de 1839 à 1849, présentait déjà diverses nationalités. Si soeur Thérèse Emmanuel (Kate O'Neill) était irlandaise, il y eu aussi des jeunes filles venant d'Angleterre, d'Allemagne, de Pologne, de Russie et de Guadeloupe. Avec le développement de l'Assomption, les premières missionnaires partirent rapidement s'établir hors de France pour implanter le charisme de l'Assomption un peu partout dans le monde. Cette carte montre ce qu'il en est aujourd'hui.

 

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"L'Assomption est locale. Elle prend la couleur du lieu où elle se trouve." Diane a pu le constater en voyant la croix côtoyer une réplique de temple maya lors d'une cérémonie guatémaltèque. Si les premiers temps ont vu les soeurs essayer de développer hors de France ce qui était propre à leur culture, la réalité, belle et bien vivante, les a vite dépassées. Le charisme a pu prendre le visage qui lui était le plus naturel à divers endroits du monde pour que la grande famille de l'Assomption vibre de ses diverses personnalités et cultures. Un portrait de Marie Eugénie sur un autel couvert de tissus africains, chaque peuple exprime sa foi avec son histoire, sa force. Danses et chants, coutumes et langues, la chaleur et la spontanéité ont dessiné de douces différences au contact de l'Assomption des origines. Et la vérité est bien là, car le propre de l'Assomption est de respecter la liberté de chacun, l'accompagner en son coeur en accueillant tout ce qui le constitue, vers le meilleur de lui-même.  

Aussi, l'éducation donnée aux jeunes participe de cet élan : ouvrir l'esprit à la solidarité, au respect de l'autre, au partage. Inciter à prendre sa place dans le monde dans des interactions qui profitent à tous. Prendre le risque de s'investir dans un projet et aller à la rencontre de l'autre et de ses propres possibles pour contribuer à un monde meilleur. 

 

 

Si notre société tend à la consommation aveugle de voyages, du tourisme loisir, l'éducation à l'Assomption vise la profondeur, la relecture, les projets au long cours. Comme les échanges. Le lycée Bellevue a un partenariat depuis trois ans avec une école au Mexique et reçoit des jeunes chaque année, cultive des échanges avec le Danemark et l'Espagne, entretient un projet bilingue anglais au sein de son enseignement avec les autres matières du programme... Le jeune est invité à s'investir, se rendre compte par lui-même de la réalité du monde, de l'altérité, et ainsi prendre position et cheminer vers l'âge adulte toujours plus responsable et éclairé, parce qu'il touche cette expérience indispensable qui pousse hors du connu.

L'enseignement de l'Assomption accompagne alors à avancer le coeur et les yeux grands ouverts, aller vers l'autre tout en écoutant, accueillant la différence, être conscient des idées reçues que l'on peut entretenir malgré soi, sentir ce qu'est la réalité de la vie sur terre, avec sa palette infinie de nuances que quelques rencontres laissent entrevoir. L'humilité y trouve son terreau. Se sentir étranger face à l'autre, soudain démuni, puiser en soi pour trouver les passerelles qu'on ne serait pas allé chercher au sein de la culture dans laquelle on a grandi, voilà qui fait se sentir vivant et ouvre la porte à toutes les richesses du partage. L'expérience est un complément inestimable à un enseignement qui se fait alors accompagnateur, guide discret à l'écoute de la prise de conscience d'un enfant qui devient acteur de sa propre éducation, dans son propre mouvement de l'âme. 

"Mes chères filles,

Je n’ai pas autre chose à vous dire aujourd’hui, que de recommander à celles qui s’en vont, d’emporter bien l’esprit d’union, de charité, d’attachement au centre de la Congrégation.

À celles qui restent, de travailler aussi à la conservation de cette union parfaite et essentielle qui, heureusement, existe si entière avec nos maisons des pays non français. Je dis exprès pays non français. Je ne veux pas dire pays étrangers, parce qu’il n’y a pas parmi nous d’étrangères : toutes sont filles de la Congrégation et sont pour nous, avant d’être anglaises ou espagnoles, des religieuses, nos sœurs et nos mères."

Marie Eugénie, Chapitre du 29 août 1886

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