IMG 6323Les débuts furent difficiles.  Marie Eugénie fit face avec les premières religieuses de l’Assomption à des conditions matérielles éprouvantes. Se nourrir, se chauffer était un défi et les maladies pulmonaires emportaient rapidement en ces temps.  Une jeune Irlandaise se joignit à cette communauté naissante, Catherine-Gertrude O’Neill, qui deviendra sœur Thérèse Emmanuel. L’amie de toujours qui, pendant un demi-siècle, sera le soutient indéfectible de la future Supérieure générale de l’Ordre tandis qu’elle prendra en charge le noviciat.

Une amitié magnifique qui sut aller par-delà leurs différences. Les deux femmes trouvèrent la clef de l’unité en regardant ensemble dans la même direction.  La prudence et la réserve naturelles de Marie Eugénie s’accommodaient mal du tempérament fier et éclatant de Thérèse Emmanuel. Et si les années modelèrent avec grâce les aspérités de leurs caractères, Marie Eugénie ne comprit pas toujours le mysticisme de son amie. Les messages divins que celle-ci recevait surent pourtant nourrir la communauté à travers les difficultés. Leur amitié est une superbe leçon d’ouverture à l’autre pour avancer ensemble, transcender ce qui pourrait séparer et isoler pour ne choisir que ce qui unit.

Le feu intérieur de la foi devait les porter pour avancer malgré les difficultés, le découragement, le manque de compréhension de l’Eglise qu’elles voulaient pourtant servir de tout leur être mais qui ne comprenait pas qu’elles puissent mener tant une vie d’action apostolique éducative qu’un enracinement profond avec la vie contemplative, la prière, le recueillement.

Elles tinrent bon, elles se forment à devenir les éducatrices dont elles portent l’idéal. Marie Eugénie sent la nécessité de ce double mouvement de fidélité aux origines de la pensée chrétienne et d’adaptation constante au monde qui les entoure, à la jeunesse. Pour lui parler, être véritablement dans le partage, la compréhension et le respect. L’amour ne peut avancer sans la conscience de l’autre, sans un véritable échange bienveillant et sincère. Leur enseignement teintait d’amour du Christ, d’amour du prochain tous les aspects de l’éducation, qu’il soit tourné vers les contingences matérielles (entretenir un foyer, gagner sa vie), ou les connaissances dites scolaires. Rien ne devait être isolé du sens profond porté par la conscience de l’autre, le service à la communauté, l’expression du Royaume de Dieu.

Ce charisme évite la dispersion et l’isolement dans la transmission des idées. L’esprit humain est trop facilement entraîné vers la satisfaction de ses désirs et l’oubli de l’autre et du partage. La dispersion entraîne la division de l’esprit, l’oubli de la grande famille des hommes et le mal-être de celui qui se sent perdu en ce vaste monde.

Peu à peu, l’Assomption a essaimé sur quatre continents et compte aujourd’hui 1200 sœurs réparties en 170 communautés dans 34 pays.

"Former des caractères trempés, avec une attention particulière pour la droiture, la franchise, la loyauté, l'honneur, la générosité, le dévouement."

"C'est le propre de l'Assomption de laisser à chaque âme sa forme particulière, mais ce sont toujours les mêmes vertus qui doivent être le fondement de cette forme qui est propre à chacune..."

"L'éducation à l"Assomption va surtout donner des convictions, enfoncer des racines qui, tôt ou tard, portent leurs fruits."

(Mère Marie Eugénie)

vitrail fondatrices

Bibliographie :

"Marie-Eugénie Milleret, fondatrice des Religieuses de l'Assomption", Soeur Hélène-Marie Bories, 2008.

"La ruche et la barque, Marie Eugénie et Thérèse Emmanuel, deux vies à la suite du Christ", Sr Cathy Jones, Sr Katrin Goris, Sr Véronique Thiébaut, Religieuses de l'Assomption, 2016.

 

 

Tous droits réservés 2013 © Les Religieuses de l'Assomption - Province de France | Webmaster |Mentions Légales | Carte du site