Elle cherche sa place dans la société. Au Carême 1836, elle est touchée par la parole du Père Lacordaire.Eugénie Milleret a 19 ans et se prépare à prendre sa place dans la société. Elle sait qu’elle est belle et intelligente ; aux fêtes, elle est gaie et atMMEtirante. Son père est fier d’elle et pense à lui faire faire un bon mariage. De son côté, Eugénie souffre d’une solitude amère et passe par une crise de sens, de l’intelligence et du cœur.
Mais son cœur bat pour les grandes causes : l’avenir, la destinée, la noblesse morale de notre pays, et, en même temps, cherche l’amour qui pourrait remplir sa vie. A travers cette crise d’adolescence, le Christ se fera connaître et l’orientation de sa vie se décidera.

Notre-Dame, à Paris, où Anne-Eugénie se laisse convertir par les sermons de Carême du Père Lacordaire C’est le Carême 1836. L’abbé Lacordaire, jeune mais déjà bien connu pour son talent d’orateur, prêche à la cathédrale Notre Dame de Paris. Eugénie se trouve dans la foule. Ancien disciple de Lamennais -habité comme lui par une vision d’une l’Église renouvelée ayant un rôle neuf dans le monde- Lacordaire comprend son temps qu’il veut changer. Il connaît les jeunes avec leurs questions et leurs aspirations, leur idéalisme et leur ignorance du Christ et de l’Église. Sa parole atteint le coeur d’Eugénie, répond à ses questions et réveille sa générosité. Eugénie voit le Christ comme Libérateur universel et son Royaume sur terre dans une société fraternelle et juste. J’étais réellement convertie, écrit-elle, et j’avais conçu le désir de donner toutes mes forces ou plutôt toute ma faiblesse à cette Église qui seule désormais à mes yeux avait ici-bas le secret et la puissance du bien. Passant au-delà de sa timidité, Eugénie cherche conseil auprès du Père Lacordaire qui la met aux études, l’oriente vers la rénovation de mon intelligence. Rien ne lui semble trop difficile.

A ce moment, un autre prédicateur, lui aussi ancien disciple de Lamennais, entre en scène. Dans le confessionnal, l’Abbé Combalot se rend compte qu’il a à faire avec une âme d’élite et désigne Eugénie comme fondatrice de la Congrégation dont il rêve depuis longtemps. En insistant sur le fait que cette fondation est la volonté de Dieu et que Dieu l’a choisie pour réaliser cette œuvre, l’abbé Combalot persuade Eugénie d’assumer son projet : une œuvre d’éducation. Il la convainc que par l’éducation seule, on pourra évangéliser les intelligences, rendre les familles vraiment chrétiennes et ainsi transformer la société de son temps.

A 22 ans, Marie Eugénie devient fondatrice des Religieuses de l’Assomption, vouées à consacrer toute leur vie et toutes leurs forces à étendre le Règne du Christ en elles-mêmes et dans le monde. En 1839, avec deux autres jeunes femmes, et sous le regard d’une brave bonne qui ne se doute de rien, Mademoiselle Milleret commence une vie communautaire de prière et d’étude dans un appartement de la rue Férou, à l’ombre de St Sulpice à Paris. En 1841, elles ouvreront la première école avec le soutien de Mme de Chateaubriand, Lacordaire, Montalembert et leurs amis. Le bruit court qu’elles ont refusé de beaux mariages et savent parler anglais, qu’il faut être jeune et jolie pour entrer à l’Assomption ! Dans quelques années la communauté comptera seize soeurs de quatre nationalités. Marie Eugénie et les premiers membres de l’Assomption ont la volonté d’unir l’ancien et le neuf : d’unir les anciens trésors de spiritualité et de sagesse de l’Église à une forme de vie religieuse et d’éducation capable de satisfaire aux exigences des esprits modernes. Il s’agit d’assumer les valeurs de son temps et, en même temps, d’inscrire les valeurs évangéliques dans la culture naissante d’une nouvelle ère industrielle et scientifique. La Congrégation développera une spiritualité centrée sur le Christ et l’Incarnation, à la fois profondément contemplative et dévouée à l’action apostolique. Ce sera une vie vécue dans la recherche de Dieu, l’amour et le service des autres. Désormais il y aura un style de vie, une manière d’être, de penser et d’agir qui seront reconnus"de l’Assomption".

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