"Continuant le geste du Christ Serviteur, au nom de notre humanité commune, nous voulons nous laisser atteindre par les situations de détresse que vivent tant de nos contemporains : nous rendre proches, nous laisser transformer par eux et être acteurs avec eux pour l’avènement d’un monde juste et solidaire."  (Religieuses de l’Assomption, Projet de le Province de France 2016-2018) 

 Soeur Françoise, de la communauté de Bordeaux, nous parle de son action au sein de la Maison de Marie.

 

Soeur Catherine et soeur Myriam (Lyon - La Guille) font partie de l'association Coup de Pouce Université (CPU), offrant des cours de français aux étudiants étrangers.

 

Maraudes dans les rues de Paris

Soeur Christine BertouxDepuis le mois de juin 2017, Soeur Christine Bertoux fait partie du groupe "Maraudes" de la paroisse Saint Honoré d'Eylau, à Paris, dans le XVIe arrondissement. Christine nous donne son témoignage.

Comment en es-tu arrivée à faire cette démarche ? 

J'étais à la messe de 11 h à l'église Saint-Honoré-d'Eylau, où je me rends chaque dimanche. A la fin de la messe, le prêtre informait l'assemblée de la distribution de tracts pour ceux et celles qui seraient intéressés de rejoindre le groupe des "maraudes". Je me suis sentie appelée à répondre à cette invistation. La semaine suivante était programmée la première réunion pour les nouveaux "maraudeurs". Je m'y suis rendue.

Comment se déroulent les maraudes ?

Elles ont lieu le mardi, par équipes constituées de trois bénévoles. Nous nous réunissons à 20 h dans la salle de la paroisse. Nous préparons un thermos de café et un autre de thé. Les soeurs de Bethléem, dont le monastère est place Victor Hugo, préparent de leur côté deux thermos de soupe, ainsi que des sachets de madeleines.

Pour nous préparons aussi gobelets, cuillères, sucre, sel, et tout cela dans nos sacs à dos, et en route pour la grande rencontre avec les SDF du secteur. Nous sillonnons au moins 6 à 7 km dans la soirée. S'il n'y a pas de problèmes, nous sommes de retour à la paroisse vers 22 h afin de laver le matériel et remettre les affaires à leur place.

Nous sommes les "maraudeurs de terrain". Je veux dire par là que nous rencontrons les personnes, échangeons avec elles et leur demandons ce dont elles ont besoin comme vêtements, voire aussi de soins. Si c'est le cas, nous contactons les responsables des maraudes, qui eux préviennent des acteurs professionnels en charge de la solidarité au niveau municipal, social, associatif et qui se déplacent auprès de ces personnes qui vivent dans la rue.

Que retires-tu de cette expérience ?

Cette expérience me fait réfléchir. Oui, les pauvres nous évangélisent. Ce que nous avons vu avec mon groupe, c'est que nous étions heureux de le faire et que cette joie a été forte.

Nous avons remarqué aussi que les personnes rencontrées ne demandent que ce qui leur est nécessaire, elles n'accumulent pas ce que nous leur proposons, ne font pas de réserves.

Parfois, les personnes, voyant ma croix de congrégation, me montrent la leur, et leurs médailles ; il y en a qui en ont beaucoup ! Un jour, j'ai demandé à l'une d'entre elles si elle n'était pas trop seule, et elle m'a répondu en me montrant sa croix : " Il est toujours avec moi !"

Une autre fois, son ami avait des ulcères à l'estomac et n'était pas bien, il me dit en me montrant aussi la croix : "Lui, il a eu l'ulcère de l'humanité."

Voilà trois maraudes que j'ai faites, cela m'a fait beaucoup réfléchir : ma relation à Dieu, ma relation aux autres, ma relation aux choses... Pour moi, c'est une action de grâce pour tout ce qui m'est offert.

 

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